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Par ici les poètes

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Par ici les poètes - Page 11 Empty Bien que la guerre soit âpre, fière et cruelle

Message par elaine Ven 10 Juin 2022 - 22:03

Bien que la guerre soit âpre, fière et cruelle

Bien que la guerre soit âpre, fière et cruelle
Et qu’un douteux combat dérobe la douceur,
Que de deux camps mêlés l’une et l’autre fureur
Perde son espérance, et puis la renouvelle,

Enfin, lors que le champ par les plombs d’une grêle
Fume d’âmes en haut, ensanglanté d’horreur,
Le soldat déconfit s’humilie au vainqueur,
Forçant à jointes mains une rage mortelle.

Je suis porté par terre, et ta douce beauté
Ne me peut faire croire en toi la cruauté
Que je sens au frapper de ta force ennemie :

Quand je te crie merci, je me mets à raison,
Tu ne veux me tuer, ni m’ôter de prison
Ni prendre ma rançon, ni me donner la vie.

Théodore Agrippa d’Aubigné



Par ici les poètes - Page 11 0557

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Par ici les poètes - Page 11 Empty Aimer….

Message par elaine Mer 22 Juin 2022 - 20:09

Aimer….

C'est naviguer dans le cœur des gens…
Emprunter la voie de leurs sentiments…
Savoir consoler l’ami malheureux…
Pleurer en écoutant ses aveux…
S’attendrir de ses mots touchants…
Sécher ses larmes en le rassurant…

Aimer…

C’est frôler du regard la profondeur de l’âme…
Apprécier quand ton intérieur s’enflamme…
S’abreuver aux paroles des gens aimables…
C’est dire un « Je t’aime » véritable…
S’inquiéter des problèmes des siens…
Croire que l’univers nous appartient…

Aimer…

C’est d’effeuiller ensemble la marguerite…
Se passionner même quand ton cœur palpite…
C’est de s’inventer les pires folies…
Pouvoir crier que c’est beau la vie…
C’est marcher côte à côte vers l’infini…
Sans jamais se jouer la comédie…

Aimer…

C’est se laisser griser par les mots…
Même si au fond… on a le cœur gros…
S’appuyer sur une épaule comme un enfant…
Avouer la nécessité de la présence des gens…
Prendre plaisir à rendre les autres heureux…
Chérir en étant vrai et sincère et généreux…

Aimer…

C’est graver ses souvenirs sans pleurer…
C’est se laisser cajoler par ses enfants…
C’est vieillir dans la solitude avec sagesse…
Ne jamais oublier les moments de tendresse…
Se libérer des souffrances de son passé…
Enfin pardonner tout ce qui nous a blessé…

Aimer…

Triompher avec des yeux compatissants…
Se laisser bercer par l’arc-en-ciel…
Croire que l’amitié est éternelle …
S’émouvoir à la caresse de tes petits-enfants…
S’endormir paisiblement avec le soleil couchant…
S’incliner aveuglement devant son destin…

Aimer…

Aujourd’hui je vous ai fait goûter…
Avec toute ma sincérité…
A ma joie d’aimer…

Auteur: Jalet



Par ici les poètes - Page 11 0372


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Par ici les poètes - Page 11 Empty A son livre

Message par elaine Mar 12 Juil 2022 - 22:18

A son livre

Mon livre (et je ne suis sur ton aise envieux),
Tu t’en iras sans moi voir la Cour de mon Prince.
Hé, chétif que je suis, combien en gré je prinsse
Qu’un heur pareil au tien fût permis à mes yeux ?

Là si quelqu’un vers toi se montre gracieux,
Souhaite-lui qu’il vive heureux en sa province :
Mais si quelque malin obliquement te pince,
Souhaite-lui tes pleurs et mon mal ennuyeux.

Souhaite-lui encor qu’il fasse un long voyage,
Et bien qu’il ait de vue éloigné son ménage,
Que son coeur, où qu’il voise, y soit toujours présent :

Souhaite qu’il vieillisse en longue servitude,
Qu’il n’éprouve à la fin que toute ingratitude,
Et qu’on mange son bien pendant qu’il est absent.

Joachim Du Bellay



Par ici les poètes - Page 11 Livre10




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Par ici les poètes - Page 11 Empty Re: Par ici les poètes

Message par elaine Mer 20 Juil 2022 - 22:50

Couleurs

Au-dessus de Paris
la lune est violette.
Elle devient jaune
dans les villes mortes.
Il y a une lune verte
dans toutes les légendes.
Lune de toile d’araignée
et de verrière brisée,
et par-dessus les déserts
elle est profonde et sanglante.
Mais la lune blanche,
la seule vraie lune,
brille sur les calmes
cimetières de villages.

Federico Garcia Lorca, Chansons sous la lune



Par ici les poètes - Page 11 0563



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Par ici les poètes - Page 11 Empty A la musique

Message par elaine Dim 7 Aoû 2022 - 14:16

A la musique

Place de la Gare, à Charleville.

Sur la place taillée en mesquines pelouses,
Square où tout est correct, les arbres et les fleurs,
Tous les bourgeois poussifs qu’étranglent les chaleurs
Portent, les jeudis soirs, leurs bêtises jalouses.

– L’orchestre militaire, au milieu du jardin,
Balance ses schakos dans la Valse des fifres :
Autour, aux premiers rangs, parade le gandin ;
Le notaire pend à ses breloques à chiffres.

Des rentiers à lorgnons soulignent tous les couacs :
Les gros bureaux bouffis traînant leurs grosses dames
Auprès desquelles vont, officieux cornacs,
Celles dont les volants ont des airs de réclames ;

Sur les bancs verts, des clubs d’épiciers retraités
Qui tisonnent le sable avec leur canne à pomme,
Fort sérieusement discutent les traités,
Puis prisent en argent, et reprennent : » En somme !… «

Épatant sur son banc les rondeurs de ses reins,
Un bourgeois à boutons clairs, bedaine flamande,
Savoure son onnaing d’où le tabac par brins
Déborde – vous savez, c’est de la contrebande ; –

Le long des gazons verts ricanent les voyous ;
Et, rendus amoureux par le chant des trombones,
Très naïfs, et fumant des roses, les pioupious
Caressent les bébés pour enjôler les bonnes…

– Moi, je suis, débraillé comme un étudiant,
Sous les marronniers verts les alertes fillettes :
Elles le savent bien ; et tournent en riant,
Vers moi, leurs yeux tout pleins de choses indiscrètes.

Je ne dis pas un mot : je regarde toujours
La chair de leurs cous blancs brodés de mèches folles :
Je suis, sous le corsage et les frêles atours,
Le dos divin après la courbe des épaules.

J’ai bientôt déniché la bottine, le bas…
– Je reconstruis les corps, brûlé de belles fièvres.
Elles me trouvent drôle et se parlent tout bas…
– Et je sens les baisers qui me viennent aux lèvres…

Arthur Rimbaud, Poésies



Par ici les poètes - Page 11 Musiqu11




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Par ici les poètes - Page 11 Empty Médaille

Message par elaine Jeu 11 Aoû 2022 - 17:44

Médaille

Seigneur de Rimini, Vicaire et Podestà.
Son profil d’épervier vit, s’accuse ou recule
A la lueur d’airain d’un fauve crépuscule,
Dans l’orbe où Matteo de’ Pastis l’incrusta.

Or, de tous les tyrans qu’un peuple détesta,
Nul, comte, marquis, duc, prince ou principicule,
Qu’il ait nom Ezzelin, Can, Galéas, Hercule,
Ne fut maître si fier que le Malatesta.

Celui-ci, le meilleur, ce Sigismond Pandolphe,
Mit à sang la Romagne et la Marche et le Golfe,
Bâtit un temple, fit l’amour et le chanta ;

Et leurs femmes aussi sont rudes et sévères,
Car sur le même bronze où sourit Isotta,
L’Éléphant triomphal foule des primevères.

José-Maria de Heredia, Les Trophées


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Par ici les poètes - Page 11 Empty L'amour

Message par elaine Dim 14 Aoû 2022 - 23:01

L'amour

Tout n'est qu'amour dans la nature
Pour un cœur enflammé d'amour :
Le printemps nous rend la verdure
Pour offrir un trône à l'amour ;
L'astre brillant de la lumière
Devient le flambeau de l'amour ;
La nuit sur la nature entière
Etend le bandeau de l'amour.

Clarté naissante de l'aurore,
C'est l'espoir d'un naissant amour ;
Chaque printemps reçoit de Flore
Les seuls dons qu'ose offrir l'amour.
Des bosquets le silence et l'ombre
Protègent doux pensers d'amour ;
Le soir, dans la forêt plus sombre,
Echo redit chanson d'amour.

Ruisseau murmure dans la plaine
Les tendres plaintes de l'amour ;
De Zéphirs l'amoureuse haleine
Prolonge un soupir de l'amour.
Sur le feuillage qu'il anime
L'oiseau naît pour chanter l'amour ;
Et le cœur même qu'il opprime
Se plaît à célébrer l'amour.

Craignons la foudre et sa furie
Moins qu'un orage de l'amour ;
Craignons moins de perdre la vie
Que de survivre à notre amour.
Songeons qu'avide jouissance
Traîne après soi regrets d'amour,
Et qu'en altérant l'innocence,
Nous altérons aussi l'amour.

Poète : Victoire Babois (1760-1839)
Recueil : Élégies et poésies diverses (1828).



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Par ici les poètes - Page 11 Empty Toujours

Message par elaine Sam 17 Sep 2022 - 22:20

Toujours

L'hiver peut flétrir le feuillage,
La fleur peut renaître au printemps
Le soleil de ton ermitage
Sera mon soleil en tout temps.
L'heureux lien qui nous enchaîne
A ranimé mon cœur vieilli :
Oui, le monde a changé de scène,
C'est par toi qu'il s'est embelli.

J'égarais mon adolescence
Dans de vains rêves de bonheur ;
Tu m'apparus, et ta présence
Réalisa leur douce erreur.
Dans mon cœur où tout les ramène,
Leur charme n'est point affaibli :
Oui, le monde a changé de scène,
C'est par toi qu'il s'est embelli.

Dans les cités, dans le village,
Partout il nous luit de beaux jours ;
Les lambris comme le feuillage
Prêtent leur ombre à nos amours.
Près de toi, que l'heure incertaine
S'enfuit avec un doux oubli !
Oui, le monde a changé de scène,
C'est par toi qu'il s'est embelli.

Depuis que, confondant nos âmes,
Le temps les voulut réunir,
Il a vu mourir bien des flammes
Et bien des nœuds se désunir ;
Mais son cours en vain nous entraîne
Notre horizon n'a point pâli :
Oui, le monde a changé de scène,
C'est par toi qu'il s'est embelli.

Antoine Fontaney (1803-1837)



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Par ici les poètes - Page 11 Empty À Alfred de Musset

Message par elaine Mar 27 Sep 2022 - 22:31

À Alfred de Musset

Un poète est parti ; sur sa tombe fermée
Pas un chant, pas un mot dans cette langue aimée
Dont la douceur divine ici-bas l’enivrait.
Seul, un pauvre arbre triste à la pâle verdure,
Le saule qu’il rêvait, au vent du soir, murmure
Sur son ombre éplorée un tendre et long regret.

Ce n’est pas de l’oubli ; nous répétons encore,
Poëte de l’amour, ces chants que fit éclore
Dans ton âme éperdue un éternel tourment,
Et le Temps sans pitié qui brise de son aile
Bien des lauriers, le Temps d’une grâce nouvelle
Couronne en s’éloignant ton souvenir charmant.

Tu fus l’enfant choyé du siècle. Tes caprices
Nous trouvaient indulgents. Nous étions les complices
De tes jeunes écarts; tu pouvais tout oser.
De la Muse pour toi nous savions les tendresses,
Et nos regards charmés ont compté ses caresses.
De son premier sourire à son dernier baiser.

Parmi nous maint poète à la bouche inspirée
Avait déjà rouvert une source sacrée;
Oui, d’autres nous avaient de leurs chants abreuvés.
Mais le cri qui saisit le cœur et le remue,
Mais ces accents profonds qui d’une lèvre émue
Vont à l’âme de tous, toi seul les as trouvés.

Au concert de nos pleurs ta voix s’était mêlée.
Entre nous, fils souffrants d’une époque troublée,
Le doute et la douleur formaient comme un lien.
Ta lyre en nous touchant nous était douce et chère ;
Dans le chantre divin nous sentions tous un frère ;
C’est le sang de nos cœurs qui courait dans le tien.

Rien n’arrêtait ta plainte, et ton âme blessée
La laissait échapper navrante et cadencée.
Tandis que vers le ciel qui se voile et se clôt
De la foule montait une rumeur confuse,
Fier et beau, tu jetais, jeune amant de la Muse,
A travers tous ces bruits ton immortel sanglot.

Lorsque le rossignol, dans la saison brûlante
De l’amour et des fleurs, sur la branche tremblante
Se pose pour chanter son mal cher et secret.
Rien n’arrête l’essor de sa plainte infinie,
Et de son gosier frêle un long jet d’harmonie
S’élance et se répand au sein de la forêt.

La voix mélodieuse enchante au loin l’espace….
Mais soudain tout se tait ; le voyageur qui passe
Sous la feuille des bois sent un frisson courir.
De l’oiseau qu’entraînait une ivresse imprudente
L’âme s’est envolée avec la note ardente ;
Hélas ! chanter ainsi c’était vouloir mourir !

Louise Ackermann, Premières Poésies, 1871



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Par ici les poètes - Page 11 Empty L'amour

Message par elaine Hier à 19:13

L'amour

L'Amour, l'autre soir, fantasque et moqueur,
Passant près de moi, prit une balance :
Dans l'un des plateaux il jeta mon cœur,
Il jeta mon cœur avec violence.

Dans l'autre, il plaça deux yeux presque verts.
Deux bras potelés et deux lèvres roses,
Des cheveux ; enfin ces petites choses
Qui m'ont toujours mis la tête à l'envers.

Or voilà du coup la balance folle :
Le plateau des yeux verts, des jolis bras.
Sous un tel fardeau s'enlève, s'envole.

L'autre comme un bloc tombe ; et patatras !
Enseignement vif sinon salutaire,
Mon cœur lourdement a roulé par terre.

Albert Mérat (1840-1909)




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