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Nucléaire, je vous en remets une couche

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Nucléaire, je vous en remets une couche Empty Nucléaire, je vous en remets une couche

Message par N'Magicfly Ven 22 Oct 2021 - 20:48

Je crois que j'ai l'oreille du Président Very Happy


L’énergie, réacteur de la campagne présidentielle


Véritable tabou des politiques publiques depuis vingt ans, l’avenir énergétique de la France s’impose dans le débat, alors que le pays est au pied du mur.





[size=62]Aurons-nous encore de la lumière en hiver ? C'est le titre, provocateur, de l'ouvrage que publie ces jours-ci Bruno Retailleau , « affolé » de voir les totems défendus par l'écologie politique entraîner la France vers un enfer de pénuries et de pollution. En 2035, se projette le sénateur LR, « les réacteurs nucléaires ont été fermés au pas de charge », la France s'est couverte d'éoliennes et de panneaux photovoltaïques, mais « l'hiver a été froid, le vent a très peu soufflé »… Et l'Europe, à Noël, se retrouve plongée dans le noir. Une fiction ? Pas vraiment. En 2020, déjà, la simple maintenance d'une poignée de réacteurs occasionnait des coupures de courant, les éoliennes n'ayant pas permis de lisser la pointe de consommation.[/size]
Qu'en sera-t-il en 2035, quand 14 réacteurs nucléaires auront été fermés, comme s'y était engagé François Hollande et, après lui, Emmanuel Macron ? Des scénarios apocalyptiques affleurent des rapports qui s'empilent depuis des mois sur le bureau du président de la République, signés de l'Académie des sciences, du gestionnaire du réseau de transport d'électricité RTE, du Haut-Commissariat au plan… Sans que le président ait semblé, jusqu'alors, y prêter attention, se désespérait récemment un ancien haut fonctionnaire, longtemps chargé de veiller à la sécurité de l'approvisionnement électrique de la France. « Le débat est d'une confusion affligeante. Nos responsables politiques n'y comprennent rien, ils ne savent pas la différence entre un neutron, un proton, une clé à molette et un géranium ! » Exagéré ?
En cette rentrée d'avant présidentielle, les Français découvrent, consternés, que l'envolée des prix de leur électricité est liée à celle des cours du gaz et que la politique de la France, inscrite en 2015 dans la loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte, a été écrite totalement à l'aveugle, sans jamais qu'en soient étudiés ni la faisabilité technique ni les coûts. « On a décidé de réduire la part du nucléaire dans le mix électrique à 50 % et de fermer 14 réacteurs, sans savoir combien ça coûterait ni se demander par quoi on allait remplacer le parc existant, s'étrangle, sous couvert de l'anonymat, un acteur important de la filière. C'est le plus grand tabou politique de ces dernières décennies. C'est hallucinant ! »
Pendant longtemps, Emmanuel Macron, soucieux de ménager ses alliés écolos (Nicolas Hulot en tête), a soufflé le chaud et le froid, affichant dans ses discours un soutien à l'atome systématiquement contredit par ses actes : arrêt du prototype de réacteur de quatrième génération Astrid (qui devait permettre de « fermer le cycle » du nucléaire en recyclant les déchets), fermeture de la centrale de Fessenheim, pourtant déclarée bonne pour le service par l'Autorité de sûreté nucléaire… Au printemps, ses conseillers confiaient encore ne voir « aucune raison de commander avant 2023 de nouveaux réacteurs », mettant en revanche l'accent sur le développement massif de parcs éoliens offshore. « Tout cela sera débattu pendant la campagne », pensaient-ils. Las…


La pénurie électrique qui menace la France

Cet automne, le réel a fait une entrée fracassante dans les agendas. L'échec retentissant de la politique allemande, contrainte, pour compenser la fermeture de son parc nucléaire, d'ouvrir de nombreuses centrales à gaz fortement polluantes en dépit des 500 milliards d'euros dépensés pour ses éoliennes, et la dépendance accrue de Berlin au gaz russe devenu hors de prix ont convaincu le président de rebattre ses cartes, alors que ses concurrents à la présidentielle montent en meute au créneau, d'Éric Zemmour à Fabien Roussel (PCF). Après avoir annoncé un soutien de 1 milliard d'euros au développement de petits réacteurs nucléaires, qui seront destinés à l'export, Emmanuel Macron s'apprête, confie son entourage, à faire son coming out en faveur de l'atome en officialisant la commande de six nouveaux réacteurs EPR d'ici aux vacances de Noël.


Un virage à 180 degrés, motivé par un faisceau de raisons. La première - et la plus pressante : la réalité physique de la pénurie électrique qui menace la France. L'électricité, à 93 % décarbonée dans le pays, ne représente que 25 % de notre consommation totale d'énergie, elle-même encore assise à 68 % sur des ressources fossiles, principalement du pétrole et du gaz. Un vaste mouvement d'électrification de nos usages (transports, chauffage, industrie…) va donc devoir s'opérer. Dans sa stratégie pour atteindre la neutralité carbone d'ici à 2050, comme elle s'y est engagée, la France prévoit de réduire de près de moitié sa consommation totale d'énergie et d'augmenter fortement, dans le même temps, sa consommation d'électricité, afin qu'elle se substitue au pétrole et au gaz. Dans un rapport très attendu qui sera remis au gouvernement le 25 octobre, le gestionnaire de réseau RTE anticipe une hausse de la consommation d'électricité, d'ici à 2050, de 40 % au minimum… Le scénario le plus probable atteignant 70 % ! « Si l'on veut produire cette électricité avec des éoliennes en mer, il en faudra 25 000, soit une dépense de 1 000 milliards, calcule Dominique Louis, patron du leader européen de l'ingénierie de projets Assystem. Même en admettant que la part du nucléaire passe à 50 % de notre mix électrique et que nous prolongions au maximum la durée de vie de nos centrales récentes, ce ne sont pas 6 EPR qu'il faudrait commander, mais 14 ! »
Affolé par cette découverte, le haut-commissaire au Plan François Bayrou, auteur d'un rapport remarqué, au mois de mars, sur l'avenir énergétique du pays, harcèle depuis des mois Emmanuel Macron pour qu'il prenne position et commande au plus vite de nouveaux réacteurs, afin de mettre la filière en ordre de bataille. « On a su dans le passé construire 50 réacteurs en quinze ans. Mais il faut une volonté politique forte pour cela », insiste un acteur du secteur. Mais le président patiente : le fameux rapport commandé à RTE sera aussi le premier à livrer une analyse complète des coûts associés aux différents scénarios, celui d'un mix à 100 % de renouvelables en tête. « Cela n'avait jamais été fait, vous imaginez ? Jamais on n'a calculé sérieusement combien cela coûterait d'adapter complètement le réseau aux renouvelables, de fabriquer des moyens de stockage, d'entretenir une ressource pilotable pour pallier l'intermittence, confie un familier du dossier. Barbara Pompili, qui a toujours soutenu que c'était possible, va devoir manger son chapeau. » La ministre de la Transition écologique, notoirement antinucléaire, a déjà amorcé sa retraite, déclarant, l'air gêné, sur France 2, le 18 octobre : « Il faut être réaliste, il faut être pragmatique… Sur la base des scénarios de RTE, on décidera ce que l'on fera. »
Annoncé juste avant le lancement de sa campagne, le virage pronucléaire de Macron pourrait aussi fortement lui imprimer sa marque. « Avec le réchauffement climatique, l'opinion est en train de basculer en faveur du nucléaire, observe un député proche du président. Les Verts sont des déclinistes décroissants. Macron doit se démarquer d'eux pour incarner l'audace, le progrès. » Tout en se distinguant - ce sera l'autre volet de sa stratégie - de ses concurrents de droite.


Dans une tribune aussi lyrique que remarquée, Éric Zemmour  s'est déjà emparé du sujet, le 2 octobre, appelant le pays à écrire « une nouvelle page de sa glorieuse histoire nucléaire, au service de notre souveraineté énergétique, de notre excellence climatique, du pouvoir d'achat des Français et de la compétitivité de notre industrie ». Mais les candidats à la primaire de LR, s'ils sont tous favorables à l'atome, peinent encore à articuler une politique cohérente. « Xavier Bertrand fait surtout campagne contre les éoliennes, qui exaspèrent les gens dans sa circonscription », remarque le spécialiste de l'écologie politique Daniel Boy, quand Marine Le Pen promet un « moratoire » sur le développement d'éoliennes, et même de démanteler les mâts existants. « Une absurdité ! s'exclame un conseiller de l'Élysée. Les besoins en électricité seront tellement importants dans les quinze ans à venir qu'on ne pourra se passer des renouvelables. Rejeter l'éolien, c'est un énorme contresens ! » Pronucléaire et « en même temps » favorable au développement massif de l'éolien ? Le débat est lancé, propre à… électriser la campagne§
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