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Les avancées sociales de 1936,et la suite...........

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Les avancées sociales de 1936,et la suite........... Empty Les avancées sociales de 1936,et la suite...........

Message par Invité le Lun 20 Jan - 9:05

Plutôt Hitler que Blum ! »
Du scepticisme à l'invective, de la dénonciation du désordre dans la rue et à l'usine à l'antisémitisme, qui touche particulièrement le président du Conseil, tout l'éventail de la haine s'est ouvert, de l'Action française aux anciennes ligues qui vont se reconvertir en partis politiques pour l'essentiel, le PSF de La Rocque et le PPF de Doriot, des conservateurs déterminés aux radicaux apeurés. Nourrie de la dénonciation de « l'utopie* socialiste », ne renonçant pas à la calomnie, cette haine de classe fait rebondir la vieille dénonciation de la « Gueuse » dont l'extrême droite s'était fait une spécialité. Au fil des mois, dans une bourgeoisie traumatisée, le nombre grossit de ceux, extrémistes ou non, qui aspirent à un pouvoir fort, à un régime viril, et qui murmurent déjà « plutôt Hitler que Blum ! » . La crise de Munich en septembre 1938 parachèvera leur évolution.
Au vrai, le Front populaire subit de plein fouet le choc d'une évolution brutale de la situation internationale : les arguments de ses adversaires se renforcent avec la menace de guerre. Le drame s'est noué, on le sait, de juillet à septembre, dès lors que le gouvernement Blum a proclamé la non-intervention de la France dans la guerre civile espagnole. Cette décision, prise dans la douleur et péniblement ­compensée par des tolérances officielles pour l'acheminement ultérieur de quelques armes à destination du camp républicain, suffit à briser net la fragile alliance avec les communistes, et les atermoiements du gouvernement désenchantent les radicaux : voici les socialistes seuls, en proie à leurs contradictions, isolés dans leur bonne ou leur mauvaise conscience déchirée.
Et ayant à assumer la charge de la préparation militaire d'une France alanguie, largement pacifiste et disposée tout au plus à prévoir un effort défensif qui la mettrait à l'abri du souffle des fascismes qui balaye désormais si furieusement l'Europe. Le procès d'une gauche pacifiste, fauteuse de guerre, coupable d'imprévoyance militaire, a été instruit abondamment, et dès 1940 à Vichy. Et Léon Blum dut répondre - à la confusion de ses juges - au procès de Riom en février 1942 d'une accusation, somme toute, de trahison. De solides travaux universitaires2 ont depuis éclairé le débat. C'est la vigueur même de l'effort d'armement entrepris par le gouvernement Blum qui doit être retenue pour explication majeure de l'échec du Front populaire. Dès le 7 septembre 1936, à la lumière tragique des événements d'Espagne, le gouvernement suit la proposition de Daladier qui fait engager 14 milliards de francs de dépenses pour la production d'armements modernes et entérine le plan de construction de 1 500 avions de combat mis au point par Pierre Cot : c'est d'un coup multiplier par quatre un effort national de défense négligé par les gouvernements précédents.
Ce coût croissant des dépenses militaires en 1936-1938 scande l'histoire de l'affaissement des espoirs du printemps 1936. Car celles-ci contraignent dès l'été à faire appel à l'aide extérieure : la « non-intervention » en Espagne s'explique en bonne part par le souci de ne pas inquiéter l'allié britannique et les banquiers de la City dont la France est débitrice. L'espoir d'une détente internationale ayant été ruiné par le discours sans équivoque de Hitler le 30 janvier 1937, il fallut sacrifier au réarmement les derniers espoirs de relance des réformes sociales : la « pause » est décrétée en février, un emprunt pour la défense est lancé en mars.
Dès lors, les partisans du Front populaire soupçonnent le gouvernement d'avoir trahi la cause des réformes : la majorité de Rassemblement n'existe plus. Et ses adversaires enragent de plus belle, l'épargne s'inquiète de la menace de conflit, la spéculation s'accélère et tous les possédants concluent que « le Front populaire, c'est la guerre » . L'exode des capitaux se combine avec la peur sociale pour affaiblir le gouvernement. Le 16 mars, une bataille de rue entre extrémistes de droite et de gauche fait cinq morts à Clichy. En juin, Blum doit démissionner, après que le Sénat a privé son gouvernement des moyens financiers qu'il réclamait pour la défense.
De Chautemps en Daladier, l'agonie du Front populaire sera longue, parsemée de nouveaux échecs celui de Blum en mars 1938, celui des communistes et de la CGT avec la répression qui suit la grève du 30 novembre 1938 et d'événements internationaux qui aboutissent à la guerre. A droite et chez les radicaux, la confiance est revenue. La politique d'armement est financée. Mais trop tard.
Est-ce à dire que si les milliards nécessaires avaient été accordés à un gouvernement de gauche la production aurait suivi ? A ce point du raisonnement accusateur, c'est de l'effet des lois sociales sur la productivité des entreprises qu'il s'agit. Le Front populaire, avancent divers économistes, dont Alfred Sauvy, aurait échoué pour n'avoir pas respecté les règles minimales du jeu économique. A preuve, concluent-ils, l'« assouplissement » des 40 heures en 1938-1939 a fait redémarrer les entreprises. Ce débat, qui hante jusqu'à nos jours une gauche soucieuse de montrer qu'elle peut gérer aussi bien que la droite, est intéressant. Mais il importe d'en relativiser la portée : l'essentiel, on l'a vu, est ce choix du réarmement, qui réduit la marge de manoeuvre, déçoit les amis et encourage les adversaires.
Les classes moyennes, qu'il s'agissait de rameuter pour la défense de la république et de gagner définitivement à la démocratie de progrès social, ne sont pas entrées dans le jeu. Le gouvernement souhaitait alléger la fiscalité et aurait aimé tenter une injection dans l'économie en crise des capitaux jusqu'alors stérilement thésaurisés. Mais comment cette épargne serait-elle mise à la disposition d'un gouvernement de gauche dans la violence ambiante, alors que tant de nantis donnent l'exemple de la dissimulation fiscale et de la fuite des capitaux à l'étranger ? Blum entendait maintenir la paix civile, rassurer l'épargne et arbitrer sans relâche : il fut bien vite prisonnier de la « confiance » de l'épargne et du capital, qui lui fut au bout du compte refusée. Le cercle vicieux de la méfiance est bouclé.
Le Front populaire a donc vécu douloureusement, jusqu'à en périr, les contradictions de l'antifascisme. Sa défense républicaine, si elle va au bout de la logique du réarmement nécessaire qu'il faut accélérer, heurte le pacifisme de ses électeurs et de ses adversaires. Sa politique de mieux-être social et de relance économique ne peut pousser assez loin sa logique interventionniste sans mécontenter une bonne part de ses électeurs, et se brouiller, d'abord, avec les radicaux, tout en décevant les communistes. Il a fait eau de toutes parts.

Et n'en déplaise à Divi,on aura le déshonneur de Munich en 1938,et on se prendra la guerre de 1939 ,ds l'impréparation totale,comme quoi un peuple de grévistes n'est pas un peuple de combattants...............

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Message par ledevois le Lun 20 Jan - 9:53

Zerbinette a écrit: Plutôt Hitler que Blum ! »
Du scepticisme à l'invective, de la dénonciation du désordre dans la rue et à l'usine à l'antisémitisme, qui touche particulièrement le président du Conseil, tout l'éventail de la haine s'est ouvert, de l'Action française aux anciennes ligues qui vont se reconvertir en partis politiques pour l'essentiel, le PSF de La Rocque et le PPF de Doriot, des conservateurs déterminés aux radicaux apeurés. Nourrie de la dénonciation de « l'utopie* socialiste », ne renonçant pas à la calomnie, cette haine de classe fait rebondir la vieille dénonciation de la « Gueuse » dont l'extrême droite s'était fait une spécialité. Au fil des mois, dans une bourgeoisie traumatisée, le nombre grossit de ceux, extrémistes ou non, qui aspirent à un pouvoir fort, à un régime viril, et qui murmurent déjà « plutôt Hitler que Blum ! » . La crise de Munich en septembre 1938 parachèvera leur évolution.
Au vrai, le Front populaire subit de plein fouet le choc d'une évolution brutale de la situation internationale : les arguments de ses adversaires se renforcent avec la menace de guerre. Le drame s'est noué, on le sait, de juillet à septembre, dès lors que le gouvernement Blum a proclamé la non-intervention de la France dans la guerre civile espagnole. Cette décision, prise dans la douleur et péniblement ­compensée par des tolérances officielles pour l'acheminement ultérieur de quelques armes à destination du camp républicain, suffit à briser net la fragile alliance avec les communistes, et les atermoiements du gouvernement désenchantent les radicaux : voici les socialistes seuls, en proie à leurs contradictions, isolés dans leur bonne ou leur mauvaise conscience déchirée.
Et ayant à assumer la charge de la préparation militaire d'une France alanguie, largement pacifiste et disposée tout au plus à prévoir un effort défensif qui la mettrait à l'abri du souffle des fascismes qui balaye désormais si furieusement l'Europe. Le procès d'une gauche pacifiste, fauteuse de guerre, coupable d'imprévoyance militaire, a été instruit abondamment, et dès 1940 à Vichy. Et Léon Blum dut répondre - à la confusion de ses juges - au procès de Riom en février 1942 d'une accusation, somme toute, de trahison. De solides travaux universitaires2 ont depuis éclairé le débat. C'est la vigueur même de l'effort d'armement entrepris par le gouvernement Blum qui doit être retenue pour explication majeure de l'échec du Front populaire. Dès le 7 septembre 1936, à la lumière tragique des événements d'Espagne, le gouvernement suit la proposition de Daladier qui fait engager 14 milliards de francs de dépenses pour la production d'armements modernes et entérine le plan de construction de 1 500 avions de combat mis au point par Pierre Cot : c'est d'un coup multiplier par quatre un effort national de défense négligé par les gouvernements précédents.
Ce coût croissant des dépenses militaires en 1936-1938 scande l'histoire de l'affaissement des espoirs du printemps 1936. Car celles-ci contraignent dès l'été à faire appel à l'aide extérieure : la « non-intervention » en Espagne s'explique en bonne part par le souci de ne pas inquiéter l'allié britannique et les banquiers de la City dont la France est débitrice. L'espoir d'une détente internationale ayant été ruiné par le discours sans équivoque de Hitler le 30 janvier 1937, il fallut sacrifier au réarmement les derniers espoirs de relance des réformes sociales : la « pause » est décrétée en février, un emprunt pour la défense est lancé en mars.
Dès lors, les partisans du Front populaire soupçonnent le gouvernement d'avoir trahi la cause des réformes : la majorité de Rassemblement n'existe plus. Et ses adversaires enragent de plus belle, l'épargne s'inquiète de la menace de conflit, la spéculation s'accélère et tous les possédants concluent que « le Front populaire, c'est la guerre » . L'exode des capitaux se combine avec la peur sociale pour affaiblir le gouvernement. Le 16 mars, une bataille de rue entre extrémistes de droite et de gauche fait cinq morts à Clichy. En juin, Blum doit démissionner, après que le Sénat a privé son gouvernement des moyens financiers qu'il réclamait pour la défense.
De Chautemps en Daladier, l'agonie du Front populaire sera longue, parsemée de nouveaux échecs celui de Blum en mars 1938, celui des communistes et de la CGT avec la répression qui suit la grève du 30 novembre 1938 et d'événements internationaux qui aboutissent à la guerre. A droite et chez les radicaux, la confiance est revenue. La politique d'armement est financée. Mais trop tard.
Est-ce à dire que si les milliards nécessaires avaient été accordés à un gouvernement de gauche la production aurait suivi ? A ce point du raisonnement accusateur, c'est de l'effet des lois sociales sur la productivité des entreprises qu'il s'agit. Le Front populaire, avancent divers économistes, dont Alfred Sauvy, aurait échoué pour n'avoir pas respecté les règles minimales du jeu économique. A preuve, concluent-ils, l'« assouplissement » des 40 heures en 1938-1939 a fait redémarrer les entreprises. Ce débat, qui hante jusqu'à nos jours une gauche soucieuse de montrer qu'elle peut gérer aussi bien que la droite, est intéressant. Mais il importe d'en relativiser la portée : l'essentiel, on l'a vu, est ce choix du réarmement, qui réduit la marge de manoeuvre, déçoit les amis et encourage les adversaires.
Les classes moyennes, qu'il s'agissait de rameuter pour la défense de la république et de gagner définitivement à la démocratie de progrès social, ne sont pas entrées dans le jeu. Le gouvernement souhaitait alléger la fiscalité et aurait aimé tenter une injection dans l'économie en crise des capitaux jusqu'alors stérilement thésaurisés. Mais comment cette épargne serait-elle mise à la disposition d'un gouvernement de gauche dans la violence ambiante, alors que tant de nantis donnent l'exemple de la dissimulation fiscale et de la fuite des capitaux à l'étranger ? Blum entendait maintenir la paix civile, rassurer l'épargne et arbitrer sans relâche : il fut bien vite prisonnier de la « confiance » de l'épargne et du capital, qui lui fut au bout du compte refusée. Le cercle vicieux de la méfiance est bouclé.
Le Front populaire a donc vécu douloureusement, jusqu'à en périr, les contradictions de l'antifascisme. Sa défense républicaine, si elle va au bout de la logique du réarmement nécessaire qu'il faut accélérer, heurte le pacifisme de ses électeurs et de ses adversaires. Sa politique de mieux-être social et de relance économique ne peut pousser assez loin sa logique interventionniste sans mécontenter une bonne part de ses électeurs, et se brouiller, d'abord, avec les radicaux, tout en décevant les communistes. Il a fait eau de toutes parts.

Et n'en déplaise à Divi,on aura le déshonneur de Munich en 1938,et on se prendra la guerre de 1939 ,ds l'impréparation totale,comme quoi un peuple de grévistes n'est pas un peuple de combattants...............

 Une autre époque , d'autres moeurs , d'autres convictions __ qu'est -ce que l'on a foutre -- le passé c'est pas le présent -


Notre vie est un voyage constant, de la naissance à la mort, le paysage change, les gens changent, les besoins se transforment, mais le train continue. La vie, c'est le train, ce n'est pas la gare. 
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Message par Invité le Lun 20 Jan - 10:06

Ca prouve que tu ne lis pas avant d'écrire!
Tous les grévistes et ceux qui les soutiennent remontent à 1936,et aux avantages acquis à l'époque!

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Message par ledevois le Lun 20 Jan - 10:11

Zerbinette a écrit:Ca prouve que tu ne lis pas avant d'écrire!
Tous les grévistes et ceux qui les soutiennent remontent à 1936,et aux avantages acquis à l'époque!

 oui et alors ? pourquoi devraient ils céder sur des acquis --par contre qu'ils cotisent pour -- ce n'est pas au contribuable à payer leurs avantages -- 


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