Le point de vue de Jaures ! Etonnant !

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etonnant Le point de vue de Jaures ! Etonnant !

Message par Nadou le Dim 19 Jan - 18:55


Quand Jean Jaurès défendait les retraites par capitalisation



Laurent Pahpy — 18 janvier 2020 à 11h19


[Tribune] Comment le fondateur du Parti socialiste et de L'Humanité pouvait-il défendre ce qui est aujourd'hui honni par la quasi-totalité de la classe politique française?



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Jean Jaurès s'exprime sur la question à la une de L'Humanité du 27 décembre 1909. | Bnf


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Le point de vue de Jaures !    Etonnant !  Icon-linkedinTemps dÂge pivot, régimes spéciaux, pensions de réversion... le débat sur la réforme des retraites fait rage. Mais s'il est un sujet tabou, quasi systématiquement omis des discussions, c'est bien celui de la capitalisation. À l'image de l'«affaire» Blackrock, lorsqu'elle est abordée du bout des lèvres, c'est pour rappeler qu'il n'en est surtout pas question, comme si son procès avait été fait depuis longtemps.

L'évoquer vous exclut du débat. Inutile d'insister: la capitalisation, en France, ce n'est pas possible. Trop risquée. Comment pourrait-on tolérer de jouer sa retraite en bourse? La répartition incarnerait quant à elle la solidarité héritée du glorieux Conseil national de la résistance. Une vache sacrée indéboulonnable. Les Français y sont trop attachés.
Pourtant, il y a un peu plus d'un siècle, en 1910, une réforme des retraites faisait aussi l'objet d'âpres débats. À l'époque, l'une des principales controverses confrontait les partisans de la répartition à ceux de la capitalisation. Étonnamment, parmi ces derniers, se trouvaient de nombreux socialistes, dont un certain Jean Jaurès.


En 1909, Jean Jaurès écrivait que «la capitalisation [...] en soi est parfaitement acceptable et peut même, bien maniée par un prolétariat organisé et clairvoyant, servir très substantiellement la classe ouvrière.» (L'Humanité, 1er janvier 1910 cité dans le rapport Molinari sur les retraites). Quelle mouche avait donc piqué le fondateur du Parti socialiste et de L'Humanité pour défendre avec ardeur et abondantes tribunes ce qui est aujourd'hui honni par la quasi-totalité de la classe politique française?
Ne craignait-il pas que les retraites des ouvriers et des paysans soient soumises aux aléas des krachs boursiers? Bien au contraire, il y voit une preuve de bonne gestion prolétarienne: «Quand les coopératives ouvrières, et même communistes […] ont en banque des réserves productrices d'intérêt, quand les grands syndicats ou les grands trade-unions qui ont en vue de grèves peut-être lointaines des fonds placés et productifs d'intérêts, c'est un acte de sage administration ouvrière: ce n'est pas une abdication devant le principe capitaliste.» (L'Humanité, 27 décembre 1909).
Jean Jaurès ne comprendrait pas la dissonance du discours actuel qui consiste à dénoncer les dividendes démesurés des grands actionnaires, tout en refusant aux travailleurs d'en toucher une part au prétexte que la bourse serait un jeu trop risqué. Comment les capitalistes peuvent-ils autant s'enrichir si les placements sont si volatiles?
Piketty l'explique tout au long de son ouvrage Le capital au XXIe siècle sur la base de séries statistiques historiques. Le rendement du capital est toujours supérieur au taux de croissance à moyen terme, et ce, en dépit des crises et des guerres. Ce qui en fait une excellente raison pour faire fructifier l'épargne et garantir des pensions abondantes à long terme plutôt que de les ponctionner sur les salaires.

L'histoire donnera raison à Jaurès. La loi sur les retraites ouvrières et paysannes de 1910 consacre la capitalisation. En 1934, 11 milliards de francs sont économisés sur les 17 milliards perçus. Cette année-là, il est même décidé de baisser les cotisations retraite.
Jaurès voyait dans la répartition une forme de dépendance inacceptable vis-à-vis de la bureaucratie et des politiciens: «Avec la répartition, c'est sur les ressources annuelles de l'État que tout repose: et les retraites peuvent être exposées à toutes les vicissitudes des budgets annuels. Le péril est moindre, l'équilibre est bien plus assuré s'il y a un lest de capitaux, si la Caisse des retraites, possédant des valeurs à la fois solides et variées, […] repose non pas sur la base étroite d'un budget, mais sur toute la fortune publique.» (L'Humanité, 4 janvier 1910)
Les premiers systèmes par répartition n'ont pas été pensés comme une solidarité, mais comme une dépendance organisée et forcée à l'administration. En adoptant le socialisme d'État, Bismarck trouvait un moyen de mater les révoltes: «Je considérerai que c'est un grand avantage quand nous aurons 700.000 petits retraités tirant leurs annuités de l'État, en particulier s'ils appartiennent à ces classes qui, autrement, n'ont pas beaucoup à perdre dans un soulèvement.» (Bismarck, 1889, cité par Taylor, Bismarck: The Man and the Statesman, 1955)
La répartition, qualifiée aussi de système bismarckien, ne sera d'ailleurs pas instaurée en France par le CNR comme on aime à le rappeler, mais imposée par le régime de Vichy, après avoir pillé les caisses par capitalisation des ouvriers et des paysans. Le CNR n'a fait que généraliser la loi Belin de 1941 qui avait instauré l'Allocation pour les vieux travailleurs salariés, une redistribution intergénérationnelle qui constitue la naissance de notre système de retraite actuel.

Et si Jean Jaurès avait raison? Et si le risque et la solidarité n'étaient que des prétextes pour masquer une lutte des classes contrariée par des travailleurs épargnants devenus capitalistes? Jean Jaurès voulait saisir l'opportunité de l'épargne populaire pour renverser l'ordre social établi: «Dans la mesure où la classe ouvrière possède un capital fonctionnant à son profit, toutes les valeurs créées par elle lui font retour: et la capitalisation, fonctionnant au compte et au profit du prolétariat, n'est pas une consécration du capitalisme; c'est, sous les formes que permet le système capitaliste et par une application imprévue de son mécanisme, un fragment de socialisation. […] La bourgeoisie est obligée de verser tous les ans des sommes qui fructifieront au profit des ouvriers, c'est la bourgeoisie qui est obligée de concourir pour une part au rachat d'une partie du Capital au profit des ouvriers.» (L'Humanité, 27 décembre 1909).
Nous payons aujourd'hui cher le prix de la dépendance intergénérationnelle imposée par l'État depuis 1941. Le rapport qualité-prix de notre système de retraite est très en deçà des pays avancés. Dans les systèmes offrant les meilleures retraites du monde, à l'instar des Pays-Bas ou du Danemark, un solide pilier de capitalisation permet de doubler, voire de tripler le rendement des pensions par rapport au régime général français pour un même euro versé. Les cotisations retraite y sont dès lors plus faibles, favorisant le pouvoir d'achat des moins fortunés.

Dans ces pays modèles, une retraite minimale est assurée par l'impôt. Le risque inhérent aux placements est ventilé tout au long de la carrière. Les gestionnaires de fonds aménagent les portefeuilles de sorte à privilégier les produits financiers plus risqués, mais plus rentables en début de carrière (actions) avant de les convertir en épargne plus sécurisée à l'approche du départ en retraite (obligations, immobilier). Dans la même perspective, aux Pays-Bas, pour prévenir les escroqueries à l'image de l'affaire Enron, les caisses professionnelles sont obligatoirement séparées des actifs de l'entreprise.

En France, si la capitalisation reste marginale et trop souvent réservée à une élite suffisamment fortunée pour avoir la marge financière de compléter leurs pensions de répartition par de judicieux placements, des exceptions existent. Par exemple, la caisse de retraite des pharmaciens qui est constituée d'un premier étage en répartition et d'un second en capitalisation devrait nous inspirer. Autre élément notable, des fonds de pension assurent même une partie des retraites des fonctionnaires. La Prefon gérée par des syndicats, étonnamment silencieux sur ce point, existe depuis 1964. L'Erafp, pour les cadres de la fonction publique, présente des résultats tout à fait honorables depuis 2003.
Plutôt que de nationaliser et d'étatiser les pensions dans un régime universel toujours plus coûteux pour le travailleur, ne pourrions-nous pas suivre les recommandations de Jean Jaurès? Pourquoi ne pas verser progressivement une partie de nos cotisations dans des plans d'épargne retraite collectifs, gérés par les mutuelles de notre choix? Nous pourrions alors contrebalancer notre dépendance coûteuse à la répartition et retrouver notre autonomie et notre indépendance en mettant la capitalisation au profit de tous.


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Message par Nadou le Dim 19 Jan - 18:57

J'ai écouté un libéral convaincu expliquer à la TV, qu'il ne comprenait pas que dans les autres pays, les retraités bénéficiaient des fonds de pension, alors qu'en France, si on ne capitalise pas on ne profite pas de la rentabilité de cette manne boursière.


C'est toujours intéressant d'entendre d'autres points de vue.


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Message par Diviciac le Dim 19 Jan - 19:08

"du 27 décembre 1909" 


Et dire que, quand Joseph poste une info de la semaine dernière,  tu lui signales Very Happy .
 Au fait, la propagande de Poutine n'a pas  droit de cité dans "politique" , celle de Benjamin de Rothschild qui contrôle Slate.fr  , si ?  
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Message par elaine le Dim 19 Jan - 19:19

Diviciac a écrit:"du 27 décembre 1909" 

Et dire que, quand Joseph poste une info de la semaine dernière,  tu lui signales Very Happy .
C´est maigre comme commentaire. La date de l´article.
Avec ça on peut débattre.
lol10


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 mais par ceux qui les regardent sans rien faire.» (Albert Einstein)
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Message par Zerbinette le Dim 19 Jan - 19:20

Comment Jaurès pouvait-il argumenter en 1909 sur des retraites qui n'apparaitraient qu'après la deuxième guerre...........??????


." je vis et je pense à mes risques et périls... Ce qui fait que par moments, j' ai l' air d' un imbécile... J' y consens.. Je suis fier de ma bêtise."...V.Hugo.....
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Message par Diviciac le Dim 19 Jan - 19:28

Nadou a écrit:J'ai écouté un libéral convaincu expliquer à la TV, qu'il ne comprenait pas que dans les autres pays, les retraités bénéficiaient des fonds de pension, alors qu'en France, si on ne capitalise pas on ne profite pas de la rentabilité de cette manne boursière.


C'est toujours intéressant d'entendre d'autres points de vue.
 


"d'autres"  ? tu es sûre ? 
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Message par elaine le Dim 19 Jan - 19:36

Les premiers régimes de retraite pour les catégories professionnelles particulières.
L’ancêtre de tous les régimes de retraite français est sans doute « La Caisse des Invalides de la Marine Royale ». Le ministre des Finances de Louis XIV, Jean-Baptiste Colbert, a créé une pension de retraite pour les marins dès 1673.

Ensuite, d’autres catégories de régimes de retraite ont été mises en place, dans le même esprit, pour les classes professionnelles particulières qui sont liées à l’État. Des lois spécifiques ont été promulguées sur les pensions militaires (1831), sur les pensions civiles des agents de l’État (1953), sur la retraite des mineurs (1894), sur la retraite des cheminots (1909) et sur la retraite des ouvriers de l’État (1928). D’ailleurs, ces catégories forment encore les régimes dits « spéciaux », jusqu’à présent.

La retraite des fonctionnaires
La première caisse de retraite des fonctionnaires de l’État a été mise en place en 1790, aux lendemains de la Révolution. L’âge légal de départ a été officiellement fixé par la loi du 9 juin 1853 : les fonctionnaires pouvaient partir en retraite à l’âge de 60 ans, après 30 ans de services ;
Les agents chargés des travaux pénibles pouvaient partir dès 55 ans, s’ils justifiaient de 25 ans de services.

https://www.retraite.com/dossier-retraite/histoire-du-systeme-de-retraite-francais-les-principales-etapes.html


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Message par ledevois le Dim 19 Jan - 19:37

Diviciac a écrit:
Nadou a écrit:J'ai écouté un libéral convaincu expliquer à la TV, qu'il ne comprenait pas que dans les autres pays, les retraités bénéficiaient des fonds de pension, alors qu'en France, si on ne capitalise pas on ne profite pas de la rentabilité de cette manne boursière.


C'est toujours intéressant d'entendre d'autres points de vue.
 


"d'autres"  ? tu es sûre ? 

 Elle est bizarre nadou de tronquer les écrits --


Notre vie est un voyage constant, de la naissance à la mort, le paysage change, les gens changent, les besoins se transforment, mais le train continue. La vie, c'est le train, ce n'est pas la gare. 
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Message par Zerbinette le Dim 19 Jan - 19:58

elaine a écrit:Les premiers régimes de retraite pour les catégories professionnelles particulières.
L’ancêtre de tous les régimes de retraite français est sans doute « La Caisse des Invalides de la Marine Royale ». Le ministre des Finances de Louis XIV, Jean-Baptiste Colbert, a créé une pension de retraite pour les marins dès 1673.

Ensuite, d’autres catégories de régimes de retraite ont été mises en place, dans le même esprit, pour les classes professionnelles particulières qui sont liées à l’État. Des lois spécifiques ont été promulguées sur les pensions militaires (1831), sur les pensions civiles des agents de l’État (1953), sur la retraite des mineurs (1894), sur la retraite des cheminots (1909) et sur la retraite des ouvriers de l’État (1928). D’ailleurs, ces catégories forment encore les régimes dits « spéciaux », jusqu’à présent.

La retraite des fonctionnaires
La première caisse de retraite des fonctionnaires de l’État a été mise en place en 1790, aux lendemains de la Révolution. L’âge légal de départ a été officiellement fixé par la loi du 9 juin 1853 : les fonctionnaires pouvaient partir en retraite à l’âge de 60 ans, après 30 ans de services ;
Les agents chargés des travaux pénibles pouvaient partir dès 55 ans, s’ils justifiaient de 25 ans de services.

https://www.retraite.com/dossier-retraite/histoire-du-systeme-de-retraite-francais-les-principales-etapes.html

Nul ne mentionne que le système des retraites a été copié sur celui mis en place par Bismarck en Allemagne!


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Message par Diviciac le Dim 19 Jan - 19:58

ledevois a écrit:
Diviciac a écrit:
 


"d'autres"  ? tu es sûre ? 

 Elle est bizarre nadou de tronquer les écrits --

Sa "manne boursière" a le défaut d'être un peu  aléatoire: 
Suite à la crise des supprimes,  en 2008, de nombreux Américains  qui avaient tout misé sur des fonds de pension se sont retrouvés Gros Jean comme devant et doivent être encore en train de bosser à l'âge de Mathusalem .  
Avant cela
 "Le 2 décembre 2001, la multinationale (Enron) se déclare en faillite ; le cours de l'action chute à 1 dollar en quelques mois. En un an, sa valeur boursière a été divisée par 350. Environ 20 000 salariés sont immédiatement licenciés, tandis que des centaines de milliers de petits épargnants perdent l'essentiel de leur capital-retraite, car celui-ci était constitué principalement de parts dans l'entreprise (environ les deux tiers des actifs boursiers d'Enron étaient détenus par des fonds de pension ou des fonds de mutuelles) ..   
https://fr.wikipedia.org/wiki/Enron

L'ami libéral de Nadou a probablement oublié d'en parler. 
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Message par ledevois le Dim 19 Jan - 20:15

Diviciac a écrit:
ledevois a écrit:

 Elle est bizarre nadou de tronquer les écrits --

Sa "manne boursière" a le défaut d'être un peu  aléatoire: 
Suite à la crise des supprimes,  en 2008, de nombreux Américains  qui avaient tout misé sur des fonds de pension se sont retrouvés Gros Jean comme devant et doivent être encore en train de bosser à l'âge de Mathusalem .  
Avant cela
 "Le 2 décembre 2001, la multinationale (Enron) se déclare en faillite ; le cours de l'action chute à 1 dollar en quelques mois. En un an, sa valeur boursière a été divisée par 350. Environ 20 000 salariés sont immédiatement licenciés, tandis que des centaines de milliers de petits épargnants perdent l'essentiel de leur capital-retraite, car celui-ci était constitué principalement de parts dans l'entreprise (environ les deux tiers des actifs boursiers d'Enron étaient détenus par des fonds de pension ou des fonds de mutuelles) ..   
https://fr.wikipedia.org/wiki/Enron

L'ami libéral de Nadou a probablement oublié d'en parler. 

 Une retraite ça doit se cotiser -


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Message par Zerbinette le Dim 19 Jan - 20:15

Il y a qd même eu en France une très longue période sans inflation,ou le prix de l'argent restait stable,et donc,dès qu'on pouvait le placer,on touchait de la "rente".....
On lit ça ds les romans de l'époque,Zola par ex;les dots des jeunes filles étaient d'un montant,qui assurait au couple une rente,assurée ,visiblement,pour la durée de leur vie!
C'était qd même rassurant!


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Message par ledevois le Dim 19 Jan - 20:20

Zerbinette a écrit:Il y a qd même eu en France une très longue période sans inflation,ou le prix de l'argent restait stable,et donc,dès qu'on pouvait le placer,on touchait de la "rente".....
On lit ça ds les romans de l'époque,Zola par ex;les dots des jeunes filles étaient d'un montant,qui assurait au couple une rente,assurée ,visiblement,pour la durée de leur vie!
C'était qd même rassurant!

Le problème c'est qu'il y a tellement de taxes et d'impots , d'aides sociales en France , que l'argent ne vaut plus rien -- 


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Message par Diviciac le Dim 19 Jan - 21:43

Zerbinette a écrit:Il y a qd même eu en France une très longue période sans inflation,ou le prix de l'argent restait stable,et donc,dès qu'on pouvait le placer,on touchait de la "rente".....
On lit ça ds les romans de l'époque,Zola par ex;les dots des jeunes filles étaient d'un montant,qui assurait au couple une rente,assurée ,visiblement,pour la durée de leur vie!
C'était qd même rassurant!
 
Euh...  vous  parlez d'un milieu très bourgeois, je ne suis pas sûr  que les personnages  de Zola aient tous été des rentiers
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Message par Zerbinette le Dim 19 Jan - 23:08

Dites,qd vous citez Fillon,je ne vous cite pas le charcutier du Mans et le prix des rillettes!


." je vis et je pense à mes risques et périls... Ce qui fait que par moments, j' ai l' air d' un imbécile... J' y consens.. Je suis fier de ma bêtise."...V.Hugo.....
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Message par dugenou le Dim 19 Jan - 23:24

Zerbinette a écrit:Comment Jaurès pouvait-il argumenter en 1909 sur des retraites qui n'apparaitraient qu'après la deuxième guerre...........??????
Bien vu Zerbi  Wink


"Ce qui est certain c'est que ce Macron, personnage mineur de l'histoire romaine, mettra fin à ses jours et à ceux de sa femme sous la pression de Caligula"
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Message par Diviciac le Lun 20 Jan - 1:04

Zerbinette a écrit:Dites,qd vous citez Fillon,je ne vous cite pas le charcutier du Mans et le prix des rillettes!


Faut suivre, Mamy ,vous parlez de Zola, je vous réponds sur Zola et de rentiers je n'en vois pas beaucoup dans son œuvre. Des capitalistes oui,  mais de vrais rentiers qui ne foutent rien, je vois plutôt ça chez Balzac qui a même écrit une monographie du rentier assez marrante.  
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Message par ledevois le Lun 20 Jan - 10:03

Diviciac a écrit:
Zerbinette a écrit:Dites,qd vous citez Fillon,je ne vous cite pas le charcutier du Mans et le prix des rillettes!


Faut suivre, Mamy ,vous parlez de Zola, je vous réponds sur Zola et de rentiers je n'en vois pas beaucoup dans son œuvre. Des capitalistes oui,  mais de vrais rentiers qui ne foutent rien, je vois plutôt ça chez Balzac qui a même écrit une monographie du rentier assez marrante.  


 Les époques sont différentes et les rentiers de hier ne sont pas les rentiers d'aujourd'hui -- les retraités d'aujourd'hui peuvent être considéré comme rentier sous Zola --
 Depuis il s'en est passé des choses , et des luttes de classes --


Notre vie est un voyage constant, de la naissance à la mort, le paysage change, les gens changent, les besoins se transforment, mais le train continue. La vie, c'est le train, ce n'est pas la gare. 
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Message par Diviciac le Lun 20 Jan - 11:11

Nadou a écrit:J'ai écouté un libéral convaincu expliquer à la TV, qu'il ne comprenait pas que dans les autres pays, les retraités bénéficiaient des fonds de pension, alors qu'en France, si on ne capitalise pas on ne profite pas de la rentabilité de cette manne boursière.


C'est toujours intéressant d'entendre d'autres points de vue.

C'est en effet intéressant de constater que tu reproches à ma femme d'avoir quelques actions ADP alors que tu envisages tranquillos que tous les Français boursicotent pour assurer leurs vieux jours. 
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Message par Diviciac le Lun 20 Jan - 11:19

Diviciac a écrit:
Zerbinette a écrit:Dites,qd vous citez Fillon,je ne vous cite pas le charcutier du Mans et le prix des rillettes!


Faut suivre, Mamy ,vous parlez de Zola, je vous réponds sur Zola et de rentiers je n'en vois pas beaucoup dans son œuvre. Des capitalistes oui,  mais de vrais rentiers qui ne foutent rien, je vois plutôt ça chez Balzac qui a même écrit une monographie du rentier assez marrante.  
 J'en ai trouvé un extrait sur le net: 
https://www.decitre.fr/livres/monographie-du-rentier-9782917246108.html#resume




 "Le Rentier s'élève entre cinq à six pieds de hauteur, ses mouvements sont généralement lents, mais la Nature attentive à la conservation des espèces frêles, l'a pourvu d'omnibus à l'aide desquels la plupart des Rentiers se transportent d'un point à un autre de l'atmosphère parisienne, au-delà de laquelle ils ne vivent pas. Transplanté hors de la Banlieue, le Rentier dépérit et meurt. Ses larges pieds sont recouverts de souliers à noeuds, ses jambes sont dotées de pantalons à couleurs brunes ou roussâtres ; il porte des gilets à carreaux d'un prix médiocre ; à domicile, il est terminé par des casquettes ombelliformes ; au dehors, il est couvert de chapeaux à douze francs.
Il est cravaté de mousseline blanche. Presque tous les individus sont armés de cannes et d'une tabatière d'où ils tirent une poudre noire avec laquelle ils farcissent incessamment leur nez, usage que le fisc français a très heureusement mis à profit."
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Message par Nadou le Lun 20 Jan - 11:20

Zerbinette a écrit:Comment Jaurès pouvait-il argumenter en 1909 sur des retraites qui n'apparaitraient qu'après la deuxième guerre...........??????


Very Happy   Faut pas trop lui en demander ... 


Je suis responsable de ce que j'écris, pas de ce que tu comprends
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etonnant Re: Le point de vue de Jaures ! Etonnant !

Message par ledevois le Lun 20 Jan - 11:27

Nadou a écrit:
Zerbinette a écrit:Comment Jaurès pouvait-il argumenter en 1909 sur des retraites qui n'apparaitraient qu'après la deuxième guerre...........??????


Very Happy   Faut pas trop lui en demander ... 


 Il parle de rentier sous Zola et non des retraités après 36 Divi -- c'est quand même tordu les L R E M , même les médias politique le dénoncent que vous êtes des gens tordus --


Notre vie est un voyage constant, de la naissance à la mort, le paysage change, les gens changent, les besoins se transforment, mais le train continue. La vie, c'est le train, ce n'est pas la gare. 
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etonnant Re: Le point de vue de Jaures ! Etonnant !

Message par Nadou le Lun 20 Jan - 11:30

Diviciac a écrit:
Nadou a écrit:J'ai écouté un libéral convaincu expliquer à la TV, qu'il ne comprenait pas que dans les autres pays, les retraités bénéficiaient des fonds de pension, alors qu'en France, si on ne capitalise pas on ne profite pas de la rentabilité de cette manne boursière.


C'est toujours intéressant d'entendre d'autres points de vue.

C'est en effet intéressant de constater que tu reproches à ma femme d'avoir quelques actions ADP alors que tu envisages tranquillos que tous les Français boursicotent pour assurer leurs vieux jours. 



Je n'envisages rien. Je fais part de ce que j'ai entendu. Le gars était convaincant et m'a poussé à réfléchir.
Il constatait " pourquoi les riches ont-ils des retraites plus conséquentes que les pauvres ?" et il prétendait que si les pauvres avaient la possibilité et l'idée d'investir en capitalisation, ils seraient plus avantagés en partant en retraite.
Je n'ai pas pour autant de regret de ne pas avoir capitalisé plus. Mais, mais, mais ... il faut savoir ouvrir ses oreilles.


Quant à ta femme qui boursicote, elle fait ce qu'elle veut. Ce qui me fait marrer, c'est que tu viennes un jour, nous exposer les gains perçus par l'opération, très fier de toi et que tu fustiges par ailleurs ce système. 
Ça donne à réfléchir : faut-il faire comme ta femme et faire partie de ceux qui s'enrichissent ou alors ne pas boursicoter et rester parmi ceux qui subissent ?


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etonnant Re: Le point de vue de Jaures ! Etonnant !

Message par Nadou le Lun 20 Jan - 11:30

ledevois a écrit:
Nadou a écrit:
Zerbinette a écrit:Comment Jaurès pouvait-il argumenter en 1909 sur des retraites qui n'apparaitraient qu'après la deuxième guerre...........??????


Very Happy   Faut pas trop lui en demander ... 


 Il parle de rentier sous Zola et non des retraités après 36 Divi -- c'est quand même tordu les L R E M , même les médias politique le dénoncent que vous êtes des gens tordus --


Jaurès était socialiste pas LREM.


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etonnant Re: Le point de vue de Jaures ! Etonnant !

Message par Nadou le Lun 20 Jan - 11:35

Nadou a écrit:

Quand Jean Jaurès défendait les retraites par capitalisation



Laurent Pahpy — 18 janvier 2020 à 11h19


[Tribune] Comment le fondateur du Parti socialiste et de L'Humanité pouvait-il défendre ce qui est aujourd'hui honni par la quasi-totalité de la classe politique française?





Le point de vue de Jaures !    Etonnant !  Capture_decran_2020-01-16_a_10

Jean Jaurès s'exprime sur la question à la une de L'Humanité du 27 décembre 1909. | Bnf


Le point de vue de Jaures !    Etonnant !  Icon-fb

Le point de vue de Jaures !    Etonnant !  Icon-messenger-white

Le point de vue de Jaures !    Etonnant !  Icon-twitter

Le point de vue de Jaures !    Etonnant !  Icon-linkedinTemps dÂge pivot, régimes spéciaux, pensions de réversion... le débat sur la réforme des retraites fait rage. Mais s'il est un sujet tabou, quasi systématiquement omis des discussions, c'est bien celui de la capitalisation. À l'image de l'«affaire» Blackrock, lorsqu'elle est abordée du bout des lèvres, c'est pour rappeler qu'il n'en est surtout pas question, comme si son procès avait été fait depuis longtemps.

L'évoquer vous exclut du débat. Inutile d'insister: la capitalisation, en France, ce n'est pas possible. Trop risquée. Comment pourrait-on tolérer de jouer sa retraite en bourse? La répartition incarnerait quant à elle la solidarité héritée du glorieux Conseil national de la résistance. Une vache sacrée indéboulonnable. Les Français y sont trop attachés.
Pourtant, il y a un peu plus d'un siècle, en 1910, une réforme des retraites faisait aussi l'objet d'âpres débats. À l'époque, l'une des principales controverses confrontait les partisans de la répartition à ceux de la capitalisation. Étonnamment, parmi ces derniers, se trouvaient de nombreux socialistes, dont un certain Jean Jaurès.


En 1909, Jean Jaurès écrivait que «la capitalisation [...] en soi est parfaitement acceptable et peut même, bien maniée par un prolétariat organisé et clairvoyant, servir très substantiellement la classe ouvrière.» (L'Humanité, 1er janvier 1910 cité dans le rapport Molinari sur les retraites). Quelle mouche avait donc piqué le fondateur du Parti socialiste et de L'Humanité pour défendre avec ardeur et abondantes tribunes ce qui est aujourd'hui honni par la quasi-totalité de la classe politique française?
Ne craignait-il pas que les retraites des ouvriers et des paysans soient soumises aux aléas des krachs boursiers? Bien au contraire, il y voit une preuve de bonne gestion prolétarienne: «Quand les coopératives ouvrières, et même communistes […] ont en banque des réserves productrices d'intérêt, quand les grands syndicats ou les grands trade-unions qui ont en vue de grèves peut-être lointaines des fonds placés et productifs d'intérêts, c'est un acte de sage administration ouvrière: ce n'est pas une abdication devant le principe capitaliste.» (L'Humanité, 27 décembre 1909).
Jean Jaurès ne comprendrait pas la dissonance du discours actuel qui consiste à dénoncer les dividendes démesurés des grands actionnaires, tout en refusant aux travailleurs d'en toucher une part au prétexte que la bourse serait un jeu trop risqué. Comment les capitalistes peuvent-ils autant s'enrichir si les placements sont si volatiles?
Piketty l'explique tout au long de son ouvrage Le capital au XXIe siècle sur la base de séries statistiques historiques. Le rendement du capital est toujours supérieur au taux de croissance à moyen terme, et ce, en dépit des crises et des guerres. Ce qui en fait une excellente raison pour faire fructifier l'épargne et garantir des pensions abondantes à long terme plutôt que de les ponctionner sur les salaires.

L'histoire donnera raison à Jaurès. La loi sur les retraites ouvrières et paysannes de 1910 consacre la capitalisation. En 1934, 11 milliards de francs sont économisés sur les 17 milliards perçus. Cette année-là, il est même décidé de baisser les cotisations retraite.
Jaurès voyait dans la répartition une forme de dépendance inacceptable vis-à-vis de la bureaucratie et des politiciens: «Avec la répartition, c'est sur les ressources annuelles de l'État que tout repose: et les retraites peuvent être exposées à toutes les vicissitudes des budgets annuels. Le péril est moindre, l'équilibre est bien plus assuré s'il y a un lest de capitaux, si la Caisse des retraites, possédant des valeurs à la fois solides et variées, […] repose non pas sur la base étroite d'un budget, mais sur toute la fortune publique.» (L'Humanité, 4 janvier 1910)
Les premiers systèmes par répartition n'ont pas été pensés comme une solidarité, mais comme une dépendance organisée et forcée à l'administration. En adoptant le socialisme d'État, Bismarck trouvait un moyen de mater les révoltes: «Je considérerai que c'est un grand avantage quand nous aurons 700.000 petits retraités tirant leurs annuités de l'État, en particulier s'ils appartiennent à ces classes qui, autrement, n'ont pas beaucoup à perdre dans un soulèvement.» (Bismarck, 1889, cité par Taylor, Bismarck: The Man and the Statesman, 1955)
La répartition, qualifiée aussi de système bismarckien, ne sera d'ailleurs pas instaurée en France par le CNR comme on aime à le rappeler, mais imposée par le régime de Vichy, après avoir pillé les caisses par capitalisation des ouvriers et des paysans. Le CNR n'a fait que généraliser la loi Belin de 1941 qui avait instauré l'Allocation pour les vieux travailleurs salariés, une redistribution intergénérationnelle qui constitue la naissance de notre système de retraite actuel.

Et si Jean Jaurès avait raison? Et si le risque et la solidarité n'étaient que des prétextes pour masquer une lutte des classes contrariée par des travailleurs épargnants devenus capitalistes? Jean Jaurès voulait saisir l'opportunité de l'épargne populaire pour renverser l'ordre social établi: «Dans la mesure où la classe ouvrière possède un capital fonctionnant à son profit, toutes les valeurs créées par elle lui font retour: et la capitalisation, fonctionnant au compte et au profit du prolétariat, n'est pas une consécration du capitalisme; c'est, sous les formes que permet le système capitaliste et par une application imprévue de son mécanisme, un fragment de socialisation. […] La bourgeoisie est obligée de verser tous les ans des sommes qui fructifieront au profit des ouvriers, c'est la bourgeoisie qui est obligée de concourir pour une part au rachat d'une partie du Capital au profit des ouvriers.» (L'Humanité, 27 décembre 1909).
Nous payons aujourd'hui cher le prix de la dépendance intergénérationnelle imposée par l'État depuis 1941. Le rapport qualité-prix de notre système de retraite est très en deçà des pays avancés. Dans les systèmes offrant les meilleures retraites du monde, à l'instar des Pays-Bas ou du Danemark, un solide pilier de capitalisation permet de doubler, voire de tripler le rendement des pensions par rapport au régime général français pour un même euro versé. Les cotisations retraite y sont dès lors plus faibles, favorisant le pouvoir d'achat des moins fortunés.

Dans ces pays modèles, une retraite minimale est assurée par l'impôt. Le risque inhérent aux placements est ventilé tout au long de la carrière. Les gestionnaires de fonds aménagent les portefeuilles de sorte à privilégier les produits financiers plus risqués, mais plus rentables en début de carrière (actions) avant de les convertir en épargne plus sécurisée à l'approche du départ en retraite (obligations, immobilier). Dans la même perspective, aux Pays-Bas, pour prévenir les escroqueries à l'image de l'affaire Enron, les caisses professionnelles sont obligatoirement séparées des actifs de l'entreprise.

En France, si la capitalisation reste marginale et trop souvent réservée à une élite suffisamment fortunée pour avoir la marge financière de compléter leurs pensions de répartition par de judicieux placements, des exceptions existent. Par exemple, la caisse de retraite des pharmaciens qui est constituée d'un premier étage en répartition et d'un second en capitalisation devrait nous inspirer. Autre élément notable, des fonds de pension assurent même une partie des retraites des fonctionnaires. La Prefon gérée par des syndicats, étonnamment silencieux sur ce point, existe depuis 1964. L'Erafp, pour les cadres de la fonction publique, présente des résultats tout à fait honorables depuis 2003.
Plutôt que de nationaliser et d'étatiser les pensions dans un régime universel toujours plus coûteux pour le travailleur, ne pourrions-nous pas suivre les recommandations de Jean Jaurès? Pourquoi ne pas verser progressivement une partie de nos cotisations dans des plans d'épargne retraite collectifs, gérés par les mutuelles de notre choix? Nous pourrions alors contrebalancer notre dépendance coûteuse à la répartition et retrouver notre autonomie et notre indépendance en mettant la capitalisation au profit de tous.



Pour en revenir au sujet ... c'est tout de même étonnant que Jaurès et l'HUMANITE, défendaient le système par capitalisation, au motif que ça libérait le citoyen de la servitude étatique du régime à répartition qui décide de tout.


Etonnant également de lire sur ce post que les retraités français seraient bien moins bien lotis que les retraités de pays équivalents européens. Ça demande à être vérifié.


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