Le 2 février des jojos sera-t-il leur 6 février ?

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Message par Nadou le Ven 1 Fév - 21:16

Le 6 février 1934, «un mythe fondateur» de l'extrême droite

Il y a quatre-vingts cinq ans, des émeutes impliquant les ligues nationalistes éclataient à quelques pas de l'Assemblée nationale. L'historien Olivier Dard revient sur ces événements et leur postérité.


L'évènement est emblématique d'une époque, les années 1930, que certains comparent à la nôtre. Il y a quatre-vingt cinq ans jour pour jour, le 6 février 1934, des manifestations emmenées par les ligues nationalistes dégénéraient en émeutes à quelques pas de l'Assemblée nationale. Celles-ci faisaient quinze morts, et laissaient croire à une tentative de coup d'Etat de la part de l'extrême-droite. Etait-ce le cas ? Quelles furent les conséquences du 6 février, et quelle place occupe-t-il aujourd'hui dans l'imaginaire droitier ? Les réponses d'Olivier Dard, professeur à la Sorbonne, auteur de Charles Maurras (Armand Colin, 2013) et de Les années trente - Le choix impossible (Le Livre de poche, 1999).


Pour le comprendre, il faut commencer quelques jours plus tôt. Eclaboussé par le scandale Stavisky [la mort douteuse d’un escroc lié à plusieurs parlementaires, ndlr], le gouvernement Chautemps a démissionné le 28 janvier. Le 6 février est la date à laquelle le nouveau gouvernement, présidé par Edouard Daladier, doit être présenté à l’Assemblée. Or, avant cette échéance, Daladier a limogé le préfet de police Jean Chiappe, réputé proche des ligues d’extrême-droite, ce qui provoque la fureur de celles-ci et leurs appels à manifester. On a donc une conjonction d’éléments qui provoquent les évènements du 6 février.
Contrairement à ce qu’ont pensé les contemporains de gauche, il ne s’agissait pas d’un coup d’Etat fasciste. Mais ce ne fut pas non plus une simple manifestation. D’ailleurs, au départ, il y a plusieurs cortèges : les mouvements participants ont donné des lieux de rendez-vous différents à leurs membres. Une partie d’entre eux se sont regroupés rive droite, d’autres rive gauche, avant de converger sur la place de la Concorde. On voit affluer des gens ayant répondu l’appel des ligues, mais aussi de simples curieux. Et bientôt les cortèges refoulés de la rive droite. Puis, des arbres sont arrachés, des bus incendiés, des grilles de fonte descellées. La manifestation tourne à l’émeute.
A cause du changement de tête à la préfecture de police, les forces de l’ordre sont désorganisées, et vite dépassées par les évènements. Au matin, le bilan est de 14 morts chez les manifestants – 18 si l’on compte les blessures fatales. On relève sur les victimes des blessures par balles, par coups de matraques, mais aussi des traces de sabots et de sabres. Du côté des forces de l’ordre, on compte un mort et des blessures suite à des jets de projectiles.
Qui sont les émeutiers ?

Il s’agit de ligues nationalistes, aux profils assez divers. L’Action Française est en pointe : depuis janvier, cette ligue monarchiste mobilise régulièrement ses adhérents étudiants. Il y a aussi les Jeunesses patriotes de Pierre Taittinger, la Solidarité française, et surtout les Croix de Feu du colonel de La Rocque, qui font bande à part. On trouve également les anciens combattants de l’UNC, classés à droite, et ceux de l’ARAC, proche des communistes – ces derniers préfèreront faire le coup de poing sur les Champs-Elysées. Ces organisations seront elles-mêmes débordées par la violence de l’émeute, qui exprime l’indignation de leurs membres vis-à-vis de la République parlementaire.

Quelles ont été les conséquences politiques de ces émeutes ?
La gauche défile les 9 et 12 février, ce qui crée un sentiment d’unité à la base. Toutefois, la naissance du Front populaire doit surtout à la nouvelle stratégie de Staline, qui, face à la menace allemande, demande désormais aux partis communistes de s’unir avec les sociaux-démocrates. Du côté de l’extrême-droite, deux discours s’opposent. Pour la plupart des dirigeants, il aurait été impossible de prendre le pouvoir : même si les manifestants avaient envahi l’Assemblée, qu’auraient-ils fait ?

Chez une partie des militants, ce discours provoque une prise de distance avec les ligues. On les retrouvera parmi les fascistes français, par exemple au Parti populaire français de Jacques Doriot. Enfin, le colonel de La Rocque choisira, lui, de créer un Parti social français : celui-ci deviendra un vrai parti de masse, avec de 800 000 à 1 million de membres avant la guerre. Quant aux ligues, elles ont été interdites en 1936 : pour elles, le 6 février 1934 était donc une queue de comète.

https://www.liberation.fr/france/2014/02/06/le-6-fevrier-1934-un-mythe-fondateur-de-l-extreme-droite_978118

Article de 2014 mais tellement d'actualité.


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Message par Nadou le Ven 1 Fév - 21:20

Ultradroite : «La bagarre de rue est la raison d’être des "Zouaves"»


Alors que ce groupuscule de l'ultradroite a violemment attaqué un cortège du NPA samedi dernier, le politologue Jean-Yves Camus nous en dit plus sur eux.



Des organisations d’extrême gauche et antifas ont appelé à se joindre au cortège, samedi prochain, pour l’acte XII du mouvement des gilets jaunes. Ils réagissent à l’agression, une semaine plus tôt à Paris, de militants du NPA, par le groupuscule d’extrême droite «les Zouaves». Ces héritiers du GUD se sont illustrés ces dernières semaines par de nombreuses actions violentes dans la capitale. Jean-Yves Camus, directeur de l’Observatoire des radicalités politiques de la Fondation Jean-Jaurès, connaît bien cette faune.

Qui sont ces «Zouaves» et que cherchent-ils ?

C’est un groupuscule qui a en son sein des gens qui sont issus de la mouvance «supporteurs ultra» et d’anciens de ce qu’était le GUD avant qu’il ne se transforme et devienne [dans certaines villes] le Bastion social. Ces «Zouaves» sont un des multiples groupuscules de droite radicale qui apparaissent régulièrement et qui disparaissent souvent assez vite, dont l’objectif semble n’être que la bagarre de rue. Mis à part cela, leur fond idéologique est absolument inexistant, d’une pauvreté affligeante.

On a identifié dans ce groupe des gens assez jeunes, parfois de «bonne famille»… que font-ils au milieu des gilets jaunes ?



Les gilets jaunes, ça sert avant tout de caisse de résonance pour des groupuscules qui, s’ils ne se montraient pas dans les manifestations, resteraient totalement inconnus. Le fait est qu’il y a des manifestations massives et par ailleurs régulières qui se produisent à Paris : ces gens-là ont aussitôt le réflexe de se greffer dessus. D’une part parce que la bagarre de rue est leur raison d’être, et d’autre part parce que c’est un moyen d’engranger quelques militants supplémentaires.

Aucun rapport avec des gens comme Yvan Benedetti, le président du mouvement d’extrême droite l’Œuvre française, qu’on a vu aussi dans les manifestations des gilets jaunes, également lors d’affrontements avec des militants antifas ?



Yvan Benedetti est beaucoup plus structuré idéologiquement : il est d’une autre génération, c’est quelqu’un qui a trente ans de militantisme derrière lui, voire plus. Il est ce qu’il est et ce qu’il représente, c’est-à-dire des militants du nationalisme français, mais rien à voir avec les «Zouaves», dont la seule «action» politique consiste à «choper» la banderole de l’adversaire.

Pour Emmanuel Macron, les dernières mobilisations des gilets jaunes sont le fait de 40 000 à 50 000 militants issus de l’extrême gauche radicale et de l’ultradroite. Cela vous semble-t-il pertinent?



En ce qui concerne les militants radicaux de droite, je m’en tiens, pour les manifestations parisiennes, au chiffre donné par Christophe Castaner, c’est-à-dire 200 à 300 personnes. Alors, pour le président de la République, peut-être que 50 000 manifestants peuvent être radicaux parce qu’ils sont dans une optique de refus total de sa politique. Mais, si l’on s’en tient à la place des militants d’ultradroite, comme je le disais, ils ne représentent pas plus de 200 à 300 militants à Paris. Cela ne diminue en rien leur responsabilité dans un certain nombre d’incidents, mais ça ne peut pas être 50 000, ce n’est pas possible. D’autant plus qu’en dehors de Paris, la mobilisation radicale est quand même assez limitée…

De nouveaux affrontements entre groupes radicaux sont-ils à craindre ce samedi pour l’acte XII des gilets jaunes ?



Tant que les manifestations dureront et tant que la police n’aura pas ce groupuscule à l’œil, puisque apparemment, elle n’est pas intervenue lors de l’action qui s’est produite boulevard Diderot contre des militants NPA, il y a un risque. Mais en réalité, ce risque est à peu près permanent. L’affaire Méric s’est déroulée dans un contexte où on n’aurait jamais imaginé qu’il y ait un mort. Toujours est-il que ces affrontements entre militants d’ultradroite et antifas dans les manifs peuvent aussi malheureusement renouveler un fait divers comme celui-ci.
https://www.liberation.fr/france/2019/02/01/ultradroite-la-bagarre-de-rue-est-la-raison-d-etre-des-zouaves_1706833

Tristan Berteloot


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