Michel ONFRAY passe à la Trappe

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Michel ONFRAY passe à la Trappe

Message par magicfly le Ven 22 Déc - 11:09

J'aime bien ce mec je l'ai tjrs dit, j'ai lu bcp de ces bouquins ...pourtant c'est un homme de gauche Very Happy . En lisant ça, j'ai un peu découvert qu'il avait eu à très peu de choses près la même enfance et adolescence que moi. Il est normand comme moi (je suis né à Lisieux) Il a visité les mosquées d'Istanbul, de Casablanca, du Caire , le mur des lamentations, le Carmel de Lisieux etc. Quand j'étais gamin, j'ai visité la Trappe de Sorigny en voyage scolaire. Je suis devenu athée à l'adolescence comme lui; et je me suis fait viré de la pension. Lui est devenu gauchiste et moi libéral.
Mais ce n'est pas pour ça que je vous invite à lire ce texte jusqu'au bout, c'est parce que je trouve ça démarche interssante, parce que je trouve son comportement honnête, son signe de croix en respect de ceux qui l'accueil et du lieu.
J'aimerais avoir vos commentaires: merci.



Michel Onfray, avec Rancé à l'abbaye de la Trappe

Le philosophe s'est enfermé dans l'abbaye normande pour découvrir le livre que Chateaubriand a consacré à ce libertin converti à la « stricte observance ».

Par Michel Onfray

Publié le 21/12/2017 à 12:41 | Le Point

Le philosophe, auteur du Traité d'athéologie, s'est enfermé à l'abbaye de la Trappe, le temps de lire Vie de Rancé, la biographie que consacra Chateaubriand à cet abbé libertin devenu le champion de la « stricte observance ». Le Point publie la première partie de ce feuilleton de sept épisodes, à suivre sur Le Point.fr.

À 4 heures du matin, je me réveille dans la cellule 212 de l'abbaye de la Trappe à Soligny, dans l'Orne, le pays de mon âme. Elle a pour nom : saint Bernard – en fait saint Bernard de Clairvaux, l'inventeur des croisades, le curé-soldat, le penseur des guerres saintes et de l'exécution des cathares. L'abbé de Rancé avait invité les renonçants à sauter de leur lit comme on sort du tombeau. J'en sors plus frais qu'un cadavre.

Plongé dans la nuit la plus profonde, le monastère est silencieux. Les seuls bruits sont ceux que je fais en me levant, en me douchant, en me préparant, en m'habillant. Bruit mat de mes pieds nus sur le sol, bruit de l'eau glougloutante qui arrive dans le tuyau de la douche puis coule en pluie, bruit de l'eau du robinet qui sort en filet, bruit de la mousse à raser qui sort de sa bombe, bruit du rasoir qui crisse sur ma peau, bruit de la brosse à dents modulé par ma bouche, bruit du fouillis fait dans ma trousse de toilette, bruit froissé des vêtements, bruit des draps du lit que je refais, bruit de cuir de mes pas. Chacun de ces bruits me semble un blasphème.

La règle impose ici le silence. Tout est fait pour ne pas le troubler. Chaque mot est un cri, chaque susurrement une vocifération, chaque murmure un hurlement, chaque chuchotement un coup de revolver dans une église. Si on pense qu'au commencement était le Verbe, il faut bien l'économiser si l'on veut qu'il signifie encore et qu'on ne le dilue pas dans le bavardage du monde.

Je suis seul dans le couloir de l'hôtellerie. Je ferme ma porte qui claque comme celle du monde qu'on referme derrière soi quand on veut, dans le monde, quitter le monde. Le monastère est une terre sans terre, un ciel sans air, une géographie sans frontière – bien que clôturée.

Je descends l'escalier d'où, hier, j'ai regardé l'étang auprès duquel Rancé cheminait avec Bossuet ; j'ai imaginé leurs conversations – peut-être sur le jansénisme, sur Port-Royal, sur le quiétisme, sur Pascal et Jansénius, sur Descartes aussi et son Discours de la méthode  ?

À la fenêtre de ce même escalier, j'ai avisé, en contrebas, le petit cimetière des moines. Des croix simples et sobres. L'une d'entre elles est juste un peu plus haute : étonnante distinction dans un carré de terre où, justement, les différences sont fondues dans la glèbe.

La veille j'avais vu aussi, un peu au loin, le bâtiment des moines. Quand on franchit le portail de l'abbaye, on entre dans un monde, certes, mais ça n'est pas encore l'autre monde qui, lui, se trouve séparé par une clôture. On laisse derrière soi les vanités et les futilités, les frivolités et les chimères, les duperies et les puérilités. On entre avec soi, c'est-à-dire avec rien.

J'avais imaginé l'odeur qui n'est pas celle que je découvre. Pour avoir connu le parfum de la petite maison d'une ancienne gouvernante très pieuse chez qui j'ai appris à lire et écrire à partir de l'âge de 3 ans, mais aussi l'histoire sainte et le nom des oiseaux, celui des fleurs et des arbres – le propre et l'encaustiqué –, pour avoir connu les fragrances de la sacristie du village de l'église de mon enfance où je servais la messe – l'encens et le moisi –, pour avoir senti les miasmes du presbytère – le négligé et le garçon –, pour avoir connu les odeurs de l'orphelinat pendant quatre années entre 10 et 14 ans – la crasse et le gras, la sueur et la patine croûteuse –, pour avoir connu les fragrances de trois années de lycée privé à Argentan – le récuré et le nettoyé –, je m'attendais à des souvenances de cet ordre, un mixte, des mélanges ou quelque chose d'autre encore. Il n'y eut rien. L'abbaye ne sent rien, comme si les fragrances étaient de dangereuses distractions, de condamnables divertissements.

La veille, Monique, une laïque qui s'occupe du ménage, m'a montré les lieux où personne ne m'a attendu. Juste dans l'entrée une clé dans une corbeille en osier et ces quelques mots « Michel Onfray Chambre 212. Bienvenu ! [sic] » Elle m'a indiqué le réfectoire, puis l'entrée de l'église pour assister aux offices. Elle m'a donné les horaires que j'avais déjà lus sur une feuille posée sur la table de la cellule.

Pour les jours ordinaires : 4 h 15 : vigiles, oraison ; entre 6 heures et 8 h 30 : petit déjeuner en libre service ; 7 heures : laudes et eucharistie ; 9 h 30 : office de tierce ; 12 h 15 : office de sexte ; 12 h 30 : repas et vaisselle ; 14 h 15 : office de none ; 18 h 15 : vêpres, oraison ; 19 heures : repas et vaisselle ; 20 h 15 : complies. Le dimanche, quelques modifications avec l'ajout de l'exposition du saint sacrement à 19 h 30 et l'adoration communautaire à 19 h 55 suivie de la bénédiction du saint sacrement.

À vigiles

Chaque jour, c'est ainsi. Hier, aujourd'hui et demain, c'est un même jour. Depuis mille ans, le passé est fait comme ce jour qui est semblable à ceux qui font le futur qui pourra durer mille ans aussi. Ici, l'autre, c'est le même et le même, c'est un temps pensé comme une éternité. Passer ici une journée comme le fit Chateaubriand quand il prévoyait sa Vie de Rancé ou plus de douze mille comme Rancé lui-même, c'est une seule et même chose : la seule façon d'approcher l'éternité, c'est d'immobiliser le temps dans la répétition. Le rituel est une voie d'accès au cœur même du temps ; il est la durée cristallisée dans une ritournelle existentielle.

 

Personne ne sait que j'ai décidé d'aller à vigiles. Je descends seul. Il y avait au dîner, quelques heures plus tôt, le jour d'avant, au moins une religieuse venue en retraite ; et probablement un autre homme d'Église, une croix sur la poitrine, dont je ne sais s'il est un moine ou un laïque. Deux autres étaient des trappistes en civil. Personne ne s'est parlé, il n'y a eu que quelques gestes. La parole avait été réservée à une prière avant et une autre après le repas.

Moi qui aime la ponctualité, je suis à une minute avant l'heure devant la porte qui conduit à l'église. Il me reste quelques pas quand la porte s'ouvre devant moi, un moine me l'ouvre.

J'entre et dis « bonjour ». On ne dit pas bonjour ; on ne dit rien ; on ne parle pas. Il me salue d'une légère inclinaison de la tête. J'ignore si je dois aller à droite ou à gauche, je fais la phrase la plus courte qui soit accompagnée d'un geste : « Par là ? » Il me répond par un geste du même genre qui signifie : dans cette direction, oui...

J'entre dans l'église où quelques moines sont déjà là. L'organiste est à son clavier. L'homme de la porterie est le seul, avec moi, à prendre place dans l'assemblée. Personne ne se regarde. Chacun marche lentement, la tête penchée vers le parquet, le regard perdu sur la surface du sol.

Les moines arrivent les uns après les autres. Des jeunes alertes, des vieux épuisés, fatigués ; des rudement chaussés et un qui porte des tongs en plastique, un autre des sandales de cuir ; des qui toussent et reniflent en ce 12 décembre et des corps qui se déplacent comme un spectre. Les longs vêtements blancs glissent comme des âmes dans la pénombre de l'édifice. Des friselis de tissus, des chuchotis de pas, le tout dans une basse continue de silence.

Vigiles célébrées par une dizaine d'hommes pour deux personnes présentes, certes, mais également pour des milliards d'humains absents et un Dieu nulle part visible, mais partout présent.

Pour ma part, il est absent. Le frère Thomas qui a répondu à mon courrier électronique sait que je ne crois pas en Dieu, j'ai cru bon de le lui préciser dans ma demande. Il sait aussi probablement que j'ai publié le Traité d'athéologie. Du moins, s'il ne le sait pas, moi je le sais... Il m'a répondu : « Venez, on vous attend. » Je suis venu. Il est apparu dans l'embrasure de ma chambre et nous avons échangé quelques mots peu après mon arrivée. Deux ou trois minutes. Il m'a proposé d'envisager un passage par la bibliothèque – ce qui m'a réjoui. Puis il est reparti.

Je suis venu pour lire sur place la Vie de Rancé, de Chateaubriand. La durée de mon séjour est conditionnée au temps qu'il me faudra pour lire cet ultime ouvrage de l'auteur de Mémoires d'outre-tombe.

Âme et chair

Je suis en train d'écrire un texte qui s'intitule « Les deux léopards » et qui est sous-titré « Une histoire épique de la Normandie ». De la préhistoire d'une Normandie qui n'existe pas encore à l'histoire contemporaine d'un prêtre égorgé en plein office par deux jeunes qui se réclament de l'islam dans l'église normande de Saint-Étienne-du-Rouvray, j'examine sous forme de fresque, avec des vers libres, l'histoire de ma région natale.

On y trouve un guerrier gaulois du nom de Viridorix qui résiste aux légions romaines grâce à une potion magique ; un Viking insolent, Rollon, qui crée la Normandie ; un bâtard qui devient conquérant, Guillaume ; un moine copiste du Mont-Saint-Michel qui traduit pour la première fois Aristote en latin à partir du grec, le chrétien syriaque Jean de Venise ; une école talmudique à Rouen et son rabbin Cresbia ben Isaac ; un tournoi qui est la dernière ordalie du royaume avec Jean de Carrouges ; le procès d'une truie ayant mangé un enfant et qui a appartenu à Jean Le Maux, de Falaise ; l'évêque Cauchon, accusateur au procès de Jeanne d'Arc ; un fils de roi brésilien qui a traversé les mers pour arriver à Rouen et y vivre sa vie, Essoméric ; Montaigne découvrant les sauvages, comme il dit, en fait des Tupinambas, à Rouen ; Jean Quétil qui prend la tête de la révolte des Nu-Pieds ; Lautréamont qui suivit les cours du professeur de Spinoza à Amsterdam et comptait faire un coup d'État républicain à partir de la Normandie ; la sublime Charlotte Corday, qu'on ne présente plus ; la vie de torture que les jacobins infligent à Louis XVII, dernier duc de Normandie, et qui meurt d'épuisement à 10 ans ; la terre faste aux dandys du XIXe siècle, de Brummell à Baudelaire en passant par Barbey d'Aurevilly ; les affres d'une vie de sainte avec Thérèse de Lisieux, qui fut d'Alençon ; une théorie des nuages normands qui conduira Manet à inventer l'impressionnisme, prolégomènes à un Marcel Duchamp rouennais qui rend possible l'art contemporain ; une guerre de 14-18 qui fauche la jeunesse comme des blés verts ; un général de Gaulle qui refuse que la France devienne un État de plus sur le drapeau américain...

L'abbé de Rancé fait partie de cette galerie de portraits de Normands qui ont donné l'âme et la chair à ma région : il y a vécu trente-quatre années à la Trappe, près de Mortagne, dans le Perche. J'avais donc envie de lire sur place le récit que fait Chateaubriand de cette histoire d'un abbé libertin devenu réformiste radical de la Trappe avec une règle d'un ascétisme incandescent. Comment peut-on vivre une première demi-vie emblématique du libertinage et une seconde emblématique de son exact antipode ? Avers d'une pièce noire au revers blanc.

Je ne suis pas dupe de moi-même et je sais que je ne suis pas allé au carmel de Lisieux pour lire Histoire d'une âme, de la petite Thérèse ; ou que je ne me suis pas rendu au jardin de Giverny pour écrire sur les nénuphars de Monet qui diffractent la lumière pour en faire le seul sujet ; ou bien encore que je n'ai pas effectué le voyage jusqu'à Rouen pour me retrouver entre les quatre murs de la Maison sublime du rabbin Cresbia ben Isaac. J'allais à la Trappe pour lire Chateaubriand, c'est vrai ; mais aussi pour toucher du doigt l'expérience deux fois millénaire d'une vie philosophique. D'une vie portée par la transcendance quand la mienne l'est par l'immanence.

Ascétisme incandescent

Je n'ai pas la foi et ne la demande pas ; je ne suis pas en quête d'une grâce ou d'une révélation ; je n'attends pas la conversion, comme Claudel derrière son pilier ; je ne suis pas en demande de visitation ; je ne crois pas que fréquenter le lieu où d'aucuns prient Dieu le fasse apparaître.

Je voulais comprendre pourquoi, quand j'avais une vingtaine d'années, j'étais intéressé par la vie monastique en déplorant de ne pouvoir la mener pour une cause vraiment dirimante : le défaut de foi...

J'imagine que la fonction de prêtre n'a pas gêné certains athées ; j'ai même connu un évêque franchement déserté par la foi et qui vivait en nabab – confidence de mon vieux maître Lucien Jerphagnon ; mais la vie de moine ne me semble pas du tout compatible avec l'imposture. Trop rude et décapante, trop vive et vraie pour y tenir le mensonge en loi.

Ce qui me plaisait alors dans la vie de moine, c'était l'incandescence, la vie tout entière vouée à la cause d'un idéal, la pratique existentielle de ce à quoi on croit, l'intime liaison entre la théorie et la pratique, l'incarnation des idées dans l'existence. J'imaginais une vie quotidienne remplie de ce qui me passionnait et me requerrait déjà : la lecture, la prise de notes, la méditation, la réflexion, le raisonnement, l'écriture. Mais sans la foi, tout cela n'avait aucun sens.

À 4 heures du matin, à l'heure où tous dorment ou presque, j'étais donc sous la nef de l'église de la Trappe. Qu'un athée puisse se retrouver là de son plein gré peut sembler étrange ; et, de fait, c'est étrange. Pour moi aussi. Lire la Vie de Rancé dans les lieux où il a vécu n'oblige pas forcément à assister à vigiles.

La veille, avant le repas, une prière a été dite ; puis un signe de croix... Que faire ? Me signer, ou pas ? Si je fais le signe de croix sans croire, c'est une imposture ; mais si je ne le fais pas, c'est une forfaiture. Au surplus, je risque de blesser mes compagnons de clôture.

De la même façon que dans la mosquée de Tripoli jadis ou dans le tombeau des Patriarches d'Hébron, sinon dans les mosquées de Casablanca ou du Caire, j'ai ôté mes chaussures, tout autant que j'ai porté la kippa en entrant dans la synagogue de Venise ou chaque fois que je me rends au mur des Lamentations de Jérusalem, j'ai effectué ce signe en forme de respect de la croyance de mes voisins.

Le faisant, je me rappelais que la dernière fois que je l'avais dessiné dans l'espace remontait probablement à mon adolescence, forcé lors d'une messe en pension. Cette fois-ci, je sentais que, de la tête au ventre, puis d'une épaule à l'autre, je dessinais la croix dans mon corps, je la faisais entrer dans ma chair. Symboliquement, se signer c'est se saigner.

Pendant l'oraison matutinale, j'ai repris ce geste jadis machinal qui m'a rappelé les racines judéo-chrétiennes de la France et qui nourrit le déni de ceux-là mêmes qui les nient – comme un gland qui récriminerait contre le chêne en disant qu'il n'a rien à voir avec lui...

Un chant monte du silence juste troublé par le bruit du sang qui circule dans nos oreilles et fait entendre une mer qui n'existe pas. Il vient de mille ans en amont, simple comme une voix de mère qui parlerait à son enfant pour le réveiller. Une ligne sobre et pure, des voix fluides et claires. Une conversation vieille de centaines d'années et qui ne s'épuise jamais.

Après le silence, après l'oraison, après la prière, la lecture. Michée, d'abord, qui invite à forger des épées pour en faire des socs et des lances pour en faire des serpes ; Lanza del Vasto, ensuite : un commentaire des Évangiles en forme d'éloge de la vigilance sans laquelle rien d'essentiel, au sens premier du terme, n'est possible. « Personne ne pourra vous éveiller spirituellement sinon vous-même, et c'est le premier de vos devoirs : éveillez-vous, éveillons-nous, car nous dormons », est-il dit. Cette invitation pourrait être d'un philosophe de l'Antiquité grecque ou romaine : Épicure ou Épictète, Sénèque ou Marc-Aurèle, Cicéron ou Plotin. Chaque phrase du texte issu du livre des Prophètes venu de la nuit des temps me parle.

Après le silence, après l'oraison, après la prière, après la lecture, le silence à nouveau. Il permet aux mots de rouler dans la tête, de tourner dans l'âme, de secouer l'esprit. Ce silence fait du bruit. Il est semblable à celui que fait la musique des sphères de Pythagore : un genre d'harmonie dans laquelle les choses prennent ou reprennent leur place.

Clôture

Chateaubriand écrit à un moment dans sa Vie de Rancé que les moines « ont l'air d'une colonie du Moyen Âge oubliée ». C'est en effet l'impression que l'on a. Mieux, ou pis : ces gens tous nés au XXe siècle sont des contemporains non pas de Jésus, mais des moines du désert qui brûlent au soleil égyptien, qui se dessèchent à la chaleur de la Palestine, qui se consument au vent de sable syrien, qui s'enferment dans un tombeau pour y vivre le reste de leurs jours.

 

Ils chantent ; puis ils se taisent. Le silence est un écrin pour la parole qui vient. Ils lisent des textes. Leur diction n'a rien à voir avec les phrasés corrompus d'un côté par l'art théâtral, de l'autre par le bavardage. Ni l'emphase lyrique et prétentieuse, narcissique et empruntée de l'acteur ou du comédien ; ni le robinet d'eau tiède où tout coule comme une fontaine empoisonnée du quidam se vidant de sa logorrhée. Une voix mécanique inspirée par le cosmos si on sait se souvenir de son étymologie : l'ordre.

Dans l'église, à vigiles, la clôture n'est plus qu'une idée : trois pas et je la franchis. Mais que franchirais-je ? Comme le secret des francs-maçons qui ne s'évente pas puisqu'il est impossible à transmettre, cette frontière ne s'enjambe pas, puisqu'elle n'est franchissable que par des âmes qui sont déjà passées de l'autre côté du monde.

Moi qui ne crois pas qu'il y ait un autre côté du monde et qu'il faut, selon l'invite nietzschéenne, se contenter du monde donné, je n'ai rien à franchir puisque je suis un en deçà de cet au-delà qui n'existe pas. Je suis un ici-bas.

Moins d'une heure plus tard, ce premier rendez-vous avec cette oraison inaugurale de la journée se termine. Les moines partent de leur côté ; moi du mien. Dans le déambulatoire qu'il me faut traverser pour remonter à ma chambre, un moine arrive vers moi, le visage dissimulé par sa capuche. Il semble flotter dans son habit blanc qui troue la pénombre ; il est tout près ; il passe ; je ne vois rien de lui. Il est une métaphore – le croisement de deux destins dans le silence, chacun partant dans sa direction. Le silence se ferme sur son passage qu'un froissement de tissu a juste troublé. La clôture est un remède contre l'errance. Et nous ne faisons la plupart du temps qu'errer.
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Re: Michel ONFRAY passe à la Trappe

Message par Nadou le Ven 22 Déc - 12:30

Je comprends le malaise au moment du signe de croix. Quand on a été élevé dans une religion, on est lié avec tous les rites conditionnés à celle-ci.

Je suis athée et quand je me rends à une cérémonie d'obsèques, durant la messe, je me retiens de faire ce signe de croix parce que ce serait un mensonge mais ma main m'y conduit.


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Re: Michel ONFRAY passe à la Trappe

Message par magicfly le Ven 22 Déc - 16:06

Nadou a écrit:Je comprends le malaise au moment du signe de croix. Quand on a été élevé dans une religion, on est lié avec tous les rites conditionnés à celle-ci.

Je suis athée et quand je me rends à une cérémonie d'obsèques, durant la messe, je me retiens de faire ce signe de croix parce que ce serait un mensonge mais ma main m'y conduit.
Moi aussi, je ne fais pas le signe de croix. Mais je trouve que dans le contexte où il était Onfray a eu raison de le faire.
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Re: Michel ONFRAY passe à la Trappe

Message par Nadou le Ven 22 Déc - 16:13

magicfly a écrit:
Nadou a écrit:Je comprends le malaise au moment du signe de croix. Quand on a été élevé dans une religion, on est lié avec tous les rites conditionnés à celle-ci.

Je suis athée et quand je me rends à une cérémonie d'obsèques, durant la messe, je me retiens de faire ce signe de croix parce que ce serait un mensonge mais ma main m'y conduit.
Moi aussi, je ne fais pas le signe de croix. Mais je trouve que dans le contexte où il était Onfray a eu raison de le faire.


Aucune idée. Il aurait fallu connaître les termes du contrat de vie commune et pouvoir saisir l'instant. Ça doit être personnel comme ressenti lors d'un moment fugace.


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Re: Michel ONFRAY passe à la Trappe

Message par elaine le Jeu 8 Fév - 22:08

Je viens de lire ce texte assez long mais qui m´a beaucoup intéressé vu que je l´ai lu jusqu´à la fin. Le jour de la cérémonie d´enterrement de ma mère, le prêtre nous a demandé de passer devant le cercueil pour le bénir avec le goupillon. Tous l´ont fait, même ceux qui n´étaient pas croyants et j´ai beaucoup apprécié. Mentalement je les ai remerciés pour ma mère. Je ne considère pas ce geste venant d´athés comme une imposture mais comme un signe de respect pour la défunte.


«Le monde ne sera pas détruit  par ceux qui font le mal,
 mais par ceux qui les regardent sans rien faire.» (Albert Einstein)
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Re: Michel ONFRAY passe à la Trappe

Message par frenchy35F le Jeu 8 Fév - 22:37

Bien dit. Un athée doit le Respect à l' Autre.
Un signe de croix dans les contextes évoqués ci-dessus ne sont pas des reniements.
Idem pour moi, je fais le signe de croix là où ma conscience me dit de le faire...


Ne faites pas attention à la critique. Elle vient généralement de personnes qui n' ont jamais rien fait d' autre et qui se réjouissent des problèmes de l' Autre...En fait cela justifie leur paresse et/ou leur manque d' adaptabilité au Monde Actuel
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Michel Onfray, la haine des universitaires

Message par Invité le Jeu 8 Fév - 22:45

Michel Onfray, la haine des universitaires
 .


Lorsque l’invocation de Diogène devient sombre attaque antifonctionnaires Texte collectif
Un ouvrage sur Diogène le Cynique est paru chez Autrement à la fin de l’année 2014, intitulé Fragments inédits. Publié par Adeline Baldacchino, il a été préfacé par Michel Onfray. Ces Fragments inédits occupent 48 pages très aérées sur 170. Dès la première page de la préface de notre philosophe, on peut lire une attaque haineuse contre les « universitaires » :

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« Sur l’homme (Diogène), le personnage, la vie et l’œuvre, tout aurait été trouvé, consigné, annoté, discuté, commenté.
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Les fonctionnaires de la recherche (dite scientifique) appointés par l’État ont abondamment recherché et ils ont été grassement payés pour conclure qu’il n’y a plus rien à trouver. Ils passent leur vie le regard perdu dans une poubelle, les yeux fixés dans son trou noir, puis ils affirment que tout a été dit.
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Dès lors, ils peuvent courir la planète de colloque en colloque, noircir des pages de revues confidentielles pendant la durée d’une longue carrière de général de corps d’armée, soutenir une thèse soporifique et la délayer dans un ou deux livres tout aussi dormitifs et lus par personne, ils seront les VRP d’une vulgate qui leur vaudra salaire et retraite – avec brimborions institutionnels, statut hors classe, Légion d’honneur, doctorat honoris causa, médaille du CNRS et autres sex toys pour abstinents sexuels.
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Or, voici que, sortie de nulle part, une jeune fille à cheval sur plusieurs civilisations et plusieurs langues, curieuse, subtile, très érudite, qui n’a pas fait profession de chercher pour ne jamais rien trouver et se faire payer pour pareille imposture, mais qui a choisi de trouver sans se faire payer afin d’offrir son or à tout le monde, met une gifle à tous ces chercheurs en découvrant un authentique trésor philosophique : une centaine de fragments inédits de Diogène de Sinope (…) »
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D’abord, ces « fragments » (qui sont en fait des « dits », des « témoignages », et non des écrits de Diogène lui-même) ne sont pas du tout inédits. Ils ont été traduits en anglais et édités en France, il y a vingt-deux ans, par l’Américain Dimitri Gutas dans l’article « Sayings by Diogenes Preserved in Arabic », sous la direction de Marie-Odile Goulet-Cazé et Richard Goulet (éd.), le Cynisme ancien (Actes du colloque international du CNRS), Paris, PUF, 1993. Ce colloque a eu lieu en 1991.
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Ces « fragments » provoquent une nouvelle bouffée de haine contre les « chercheurs » parce qu’ils ont été publiés en France, mais… en anglais :
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« Jamais traduit en français ! C’est dire combien ces chercheurs n’ont guère le souci de mettre à la portée du plus grand nombre leurs découvertes payées avec les deniers publics ! Le statut de fonctionnaire assuré de son salaire, de ses vacances, de sa Sécurité sociale et de sa retraite, gardant par-devers lui les pépites trouvées grâce à l’argent du contribuable, aurait probablement décidé Diogène à leur pisser dessus comme un chien qui lève la patte sur une amphore de mauvais vin… »
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On voit à quel niveau de bassesse, d’injures et d’ignorance notre philosophe « hédoniste » est capable de descendre. N’en déplaise à M. Onfray, le découvreur de ces « fragments », ce n’est pas Adeline Baldacchino (qui d’ailleurs avoue ne pas lire l’arabe), mais Dimitri Gutas, qui est professeur de langue et littérature arabe à l’université de Yale. Sans ce « fonctionnaire de la recherche », cet « abstinent sexuel », ce fouilleur de « poubelles », mais pas encore en retraite (système américain oblige), M. Onfray n’aurait jamais eu connaissance de ces « fragments ».
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Sachant que Diogène fait partie du panthéon philosophique de M. Onfray, qui cherche justement à porter la philosophie au niveau du peuple, pourquoi celui-ci n’a-t-il donc pas traduit lui-même ou fait traduire ces textes arabes ? Ses bouffées de haine s’expliquent par le fait que, depuis presque un quart de siècle, notre philosophe est passé à côté de cet ouvrage, alors qu’il se veut un spécialiste de Diogène et du cynisme. C’est très vexant. Au lieu de s’en prendre à lui-même, il préfère attaquer ceux qui ne sont pourtant pour rien dans son manque de méthode, infligeant ainsi une gifle, non pas aux universitaires, mais à lui-même.
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Quoi qu’il en soit, l’ouvrage de Marie-Odile Goulet-Cazé et de Richard Goulet se trouve depuis 1993 à la bibliothèque universitaire de Caen, section droit-lettres, à la cote 189812. S’il ne peut être emprunté que par les titulaires d’une carte, il est librement consultable par quiconque, car cette bibliothèque est ouverte à tous, y compris en soirée : les lecteurs de tous âges peuvent venir lire et mener leurs recherches après leur travail, jusqu’à 23 heures !
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À défaut, cet ouvrage est présent dans quarante-deux autres bibliothèques universitaires, dont seize à Paris et en banlieue parisienne.
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Signataires :

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Jean-Paul Bourdon, docteur en géographie (université de Caen), haridelle hédoniste ;
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Patrice Caro, professeur de géographie (université de Caen), fonctionnaire de la recherche ;
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Jean Desloges, conservateur du patrimoine honoraire (Drac de Basse-Normandie), écumeur des trous noirs institutionnels ;
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Stéphane François, maître de conférences (université de Valenciennes), petit homme gris ;
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Patrice Lajoye, docteur en histoire des religions comparées, clochard de bibliothèque publique ;
.

Jean-Loïc Le Quellec, directeur de recherche au CNRS, sans recherche fixe ;
.

Christophe Maneuvrier, maître de conférences en histoire (université de Caen), abstinent sexuel ;
.

Catherine Robert, professeur de philosophie, castratrice mentale ;
.

Frédéric Yvan, professeur de philosophie, errant consensuel.
 

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Michel Onfray et sa soupe nauséabonde

Message par Invité le Jeu 8 Fév - 22:47

Michel Onfray et sa soupe nauséabonde
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En. 2010, il s’en prenait à Freud. L’année suivante, 
à Guy Môquet. À chaque fois, des universitaires prirent la parole 
et la plume, débusquèrent les déformations historiques, replacèrent dans leur contexte des événements qui, isolés, changeaient 
tout bonnement de sens. Pourtant, samedi dernier, invité 
de Salut les Terriens ! sur Canal Plus, Michel Onfray a resservi sa soupe habituelle : un mélange indigeste d’anticommunisme et d’antipsychanalyse.
.
Sur toutes les polémiques entourant ses « travaux », pas un mot ne fut soufflé dans l’émission d’Ardisson, lequel s’extasia même en écoutant son invité expliquer, en substance, que Guy Môquet aurait été arrêté le 13 octobre 1940 (par la police de Vichy, donc) pour avoir distribué des « tracts défaitistes ». Sur le plateau de Salut les Terriens !, il se produit ainsi des phénomènes extraterrestres.
.
Les résistants deviennent des collabos, et les collabos des résistants.
.
Et dans cet enfumage général, une seule bouée de sauvetage émerge à l’horizon, un seul point de repère permettant de ne pas perdre la raison : Michel Onfray, bien sûr, et son cœur de philosophie : l’hédonisme, courant qui pose le plaisir et l’évitement du déplaisir comme seule finalité de l’existence.
.
Ainsi, de nos jours, pour se refaire une santé, un essayiste fatigué d’être retoqué par des universitaires pointilleux peut toujours compter sur l’amnésie chronique et amplement volontaire de la petite « société du spectacle ». Le spectacle, voilà le maître mot.
.
Il n’est évidemment pas anodin que Michel Onfray ait été invité en même temps que la présidente du parti chrétien-démocrate, Christine Boutin.
.
D’un côté la réac de droite ; de l’autre l’apôtre du plaisir comme valeur suprême de la gauche et de la vie. C’est convenu, donc vendeur.
.
Mais au fait, la philosophie hédoniste est-elle à proprement parler une philosophie de résistant ?
.
Est-on bien certain de trouver la force de prendre les armes contre les nazis si l’on n’est soi-même guidé que par son plaisir ?
.
Éviter le déplaisir de la soumission, est-ce combattre activement ses causes politiques, ou seulement chercher à s’y soustraire ?
.
Sans tomber dans une sobriété excessive, soyons tout de même sérieux : 
la philosophie d’Onfray n’est pas la mieux taillée pour donner des leçons de résistance.
.
Elle paraît tout à fait soluble dans la « société liquide » du capitalisme global, dont parle le sociologue anglo-polonais Zygmunt Bauman : une société où chacun est invité à ne pas s’engager dans des choix définitifs, à cultiver en tous domaines la flexibilité comme le summum de la liberté.

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Onfray, de l’anti-conformisme à l’imposture

Message par Invité le Jeu 8 Fév - 22:53

Onfray, de l’anti-conformisme à l’imposture
.


[size=30]Michel Onfray, une imposture intellectuelle, de Michael Paraire.  Les Éditions de l’épervier, 2013, 
204 pages, 13 euros.[/size]

[size=30].[/size]

[size=30] Visiblement gêné, Michel Onfray a récemment obtenu qu’un auteur soit exclu d’une table ronde à laquelle il participait. En effet, Michael Paraire a écrit un ouvrage qui ne cache pas son objet : Michel Onfray, une imposture intellectuelle. Ce livre, pourtant, ne pratique pas l’anathème systématique. Il développe une analyse des prétentions théoriques de celui qui se réclame de Nietzsche pour expliquer les doctrines par la biographie des auteurs. Le réquisitoire est sans appel : en trois chapitres, il qualifie Onfray « d’anti-philosophe, d’anti-historien, d’anti-anarchiste ». L’intérêt de l’ouvrage tient à ce qu’il privilégie toujours « les textes, rien que les textes, toujours les textes et les actes politiques concrets ».[/size]

[size=30].
Anti-philosophe, Onfray ? Michael Paraire revient sur la prétendue méthode adoptée par l’auteur du ventre des philosophes, qualifiée de gastrosophie. Cette manière de faire nous replonge, affirme-t-il, dans la « préhistoire du commentaire de texte » : l’anecdote plutôt que l’analyse, le fourmillement des thèses conformes aux siennes plus que la reconstitution systématique d’une pensée. Dans la lignée de Sokal et Bricmont dénonçant les « impostures intellectuelles » en sciences, Michael Paraire dénonce le postmodernisme d’Onfray. Il montre comment ce dernier caricature et réfute le structuralisme ou Freud, pratiquant l’argument ad hominem et les analogies faciles. Il relève les approximations, comme ces pages délirantes où Onfray associe les végétariens Rousseau, Saint-Just et… Hitler.
[/size]

[size=30].
Anti-historien, Onfray ? En tout cas, il participe du rejet de la Révolution française en renouant avec les conservateurs comme Burke et rejoignant Furet. Son admiration de Charlotte Corday et sa détestation de Marat ou Robespierre éclairent ce qu’il a avoué un jour : « Je n’adhère absolument pas au projet révolutionnaire. »
[/size]

[size=30].
Anti-libertaire, Onfray ? Dans ses revirements successifs, soutenant, puis condamnant sans réserve Besancenot ou Mélenchon, Onfray joue un rôle : celui du commentateur qui s’autorise lui-même.
[/size]

[size=30].[/size]

[size=30]Pourtant, son anarchisme relèverait davantage du dandysme, refusant systématiquement l’engagement des masses, décriant les mobilisations syndicales. Libertaire en chambre, en somme.[/size]

[size=30].
L’ouvrage n’en reste pas à la dénonciation d’Onfray, car il entend fonder à son tour une autre perspective politique, largement développée en deuxième partie, un « sur-anarchisme ».
[/size]

[size=30].[/size]

[size=30]Appuyé sur des thèses théoriques prolongeant des programmes épistémologiques contemporains, de Kropotkine à Bachelard, il en appelle à une politique du mouvement et du collectif. Un anti-Onfray en quelque sorte. [/size]

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Onfray, escroc intellectuel

Message par Invité le Jeu 8 Fév - 22:59

Onfray, escroc intellectuel

.

Les éditions de l’université populaire de Caen viennent de publier des Fragments de Diogène, traduits, édités et commentés par Adeline Baldacchino, préfacés par Michel Onfray. On sait l’intérêt que Michel Onfray porte au philosophe cynique, que quelques répliques bien senties ont rendu célèbre, notamment le fameux « Ôte-toi de mon soleil »adressé à Alexandre le Grand, qui demandait au sage de lui demander ce qu’il désirait.

 .

Dans sa préface, Michel Onfray insiste sur deux points : premier point, la jeune femme qui a publié ces textes a fait là une véritable trouvaille. Elle a mis la main sur un « trésor philosophique » de textes disparus, « inédits ». Deuxième point, ce ne sont pas les universitaires qui seraient capables de faire une trouvaille pareille, étant donné que l’Etat les paie pour perpétuer un savoir mort, et qu’ils ne trouvent jamais rien. Curieusement, cette préface au recueil de textes de Diogène commence par des injures adressées à ces« fonctionnaires de la recherche (dite scientifique) grassement payés (…) pour conclure qu’il n’y a plus rien à trouver », publiant leur « thèse soporifique », des « livres lus par personne ». Leurs médailles, leurs carrières ? « Sex toys pour abstinents sexuels.» Leur travail ? Une « imposture ».

 .

Réexaminons ces deux points. D’abord la diatribe anti-université. J’ai suffisamment pratiqué moi-même la démolition de certaines corporations (notamment les journalistes dans la dernière chronique publiée ici) pour admettre qu’on puisse s’en prendre aux universitaires. Je suis placé pour connaître leurs défauts, nos défauts, j’en fais partie. Oui, l’universitaire, du moins dans certaines de ses incarnations, peut être lâche, servile, intrigant, prétentieux, pontifiant, ennuyeux, amateur de pouvoir, j’en passe. Or ce n’est pas sur ces points qu’Onfray l’attaque, mais sur sa production. L’universitaire ne fiche rien. Il ne trouve rien de neuf et perpétue une routine. On aura reconnu une variante du discours poujadiste éternellement ressassé par les beaufs : ces profs, tous des fainéants. Leurs livres sont rasoirs et lus par personne. Tout ça aux frais du contribuable. Or, les publications de la recherche française sont pléthoriques, et, pour rester dans le domaine des lettres, les éditions de textes, les biographies d’écrivains pullulent de trouvailles, d’informations puisées à la source au prix d’un long travail de bénédictin.

 .

Publications lues par personne ? ça dépend. Les éditions savantes alimentent les éditions de poches d’auteurs anciens, par exemple. La recherche fondamentale nourrit la vulgarisation. Et quand bien même ? Est-ce qu’il ne faut pas des spécialistes et des chercheurs ? Foucault n’est pas toujours facile à lire, Kant non plus, mais ils ont tout de même révolutionné notre vision du monde. On sent bien qu’Onfray prêche pour sa chapelle : je suis un vulgarisateur, il est scandaleux que tout le monde ne le soit pas. Quant au « grassement payés », mieux vaut en rire. Je ne pense pas qu’Onfray imagine une seconde le montant du salaire d’un maître de conférences débutant, qui enseigne à 500 kilomètres de chez lui, nanti d’une agrégation et d’une thèse, qualifié par le CNU, recruté par un concours universitaire qui a laissé 50 autres candidats surdiplômés sur le carreau. Mais bon. Laissons Onfray à son ressentiment, et supposons qu’il a raison, contre toute évidence : les universitaires ne trouvent jamais rien.

 .

Du haut de son autorité, il tranche, décrète, et nous propose un modèle de jeune chercheuse, Adeline Baldacchino, qui n’est pas universitaire, et a donc réussi là où échouent les chercheurs académiques. Baldacchino, elle, a TROUVE. Trouvé quoi ? L’essentiel de la préface de Michel Onfray, à part les injures, sans parler du texte d’Adeline Baldacchino, consiste à faire résonner toutes sortes de tambours et de trompettes pour claironner à quel point la trouvaille est extraordinaire, à quel point il a fallu chercher, à quel point ça aura été une aventure de l’esprit, une « chasse au trésor remontant aux penseurs arabes du Xe siècle », à quel point tout ça n’était pas facile. On en est tout alléché, tout excité. Qu’a trouvé la jeune chercheuse ? Des paroles attribuées à Diogène le Cynique, et conservées dans des textes arabes. La plupart de ces « dits »étaient jusque-là inconnus. Ce sont, écrit Michel Onfray, des « fragments inédits ». Des textes inconnus ressurgissent du fond des âges et des confins du monde ! Merci, merci Adeline Baldacchino, et honte à l’université.



Si on y regarde de plus près, on est estomaqué. Les fameux fragments oubliés, Baldacchino les a découverts… dans un texte d’un universitaire américain, Dimitri Goutas, publié en 1993 dans les actes d’un colloque édités par le CNRS !!!!!!!!!!! (Je crains qu’il ne reste plus assez de points d’exclamation en réserve pour exprimer l’effarement). Tout ce qu’il y a d’académique en fait de recherche. Autrement dit elle a republié et traduit ce qui avait été déniché par un universitaire ! (il restait un point d’exclamation). Ce qui n’empêche pas Onfray de vouer aux gémonies les responsables de l’ouvrage où ces textes ont été publiés : ils ont les vacances et la sécurité sociale, et ils font de la rétention de documents précieux ! Diogène leur aurait pissé dessus !

 .

Ce qu’Onfray propose comme modèle de trouvaille, dont seraient incapables les universitaires, c’est exactement le contraire : de la fumée, du bluff. Un chercheur qui présenterait ce travail en se targuant de sa découverte serait la risée de l’université. Car qu’a fait Baldacchino, qui mérite tant de bruit et de mise en scène ? Elle a traduit en français un authentique travail de recherche, assez récent, qui consistait à publier et traduire en anglais des textes arabes issus du grec.

 .

Quant aux commentaires dont elle entoure ces textes, ils sont à peu près entièrement issus du travail de Gutas. Joli. Du moins les commentaires un peu sérieux. Pour le reste, on a droit à de la poésie à trois sous : « que murmurait-il, Diogène, juste avant d’arrêter de respirer, que pensait-il ? Peut-être pas grand-chose, un pauvre sourire de chien errant, un long regard coulé vers les étoiles (…) sentir le vent qui caresse la peau bientôt consumée. Comme un dernier frôlement d’amour qui passerait l’aube avant l’enroulement définitif dans le grand manteau noir.» Le ridicule de la glose le dispute au grotesque de la mise en scène de la non-trouvaille.

 .

Ajoutons à cela une ignorance crasse de ce qui se fait à l’université, et qui permet d’écrire des énormités, de considérer par exemple que « l’étude de la philosophie ancienne, médiévale ou celle de la Renaissance », comme partie intégrante de la philosophie, est une approche « relativement nouvelle », comme est nouvelle l’étude de la « philosophie arabe comme réceptacle et vecteur de la philosophie grecque ». A ce niveau de n’importe quoi, cela devient de l’art.

 .

Enfin, last but not least, ces fragments retrouvés ne sont pas toujours conformes à l’idée que Mme Baldacchino se fait de Diogène. Ça ne lui plaît pas, donc ça n’est pas tout à fait Diogène. Il est misogyne ! Incroyable, désolant. Et pas du tout antique, n’est-ce pas. Il parle de « Dieu » : inadmissible pour Mme Baldacchino, puisque Diogène appartient à une culture polythéiste. Comme la misogynie, ça doit être la faute à la version arabo-musulmane de ces « dits ». Je crois pourtant me souvenir que le mot « Dieu » figure dans plusieurs textes de l’antiquité pré-chrétienne, comme équivalent de la « dimension divine ».

 .

Signalons pour terminer que, dans un esprit tout empreint de rigueur scientifique, la bibliographie de Mme Baldacchino ne propose, sur le cynisme antique, que trois livres… de Michel Onfray ! Sans honte aucune, bien entendu. A ce compte-là, je préfère l’université.

 

Onfray parle d’« imposture ». L’imposture consiste à faire passer, comme il le fait, cet ouvrage comme une « trouvaille ». C’est une pure escroquerie intellectuelle. Michel Onfray manque de sérieux et de rigueur. L’université aurait peut-être deux ou trois choses à lui apprendre en la matière. Qu’en l’occurrence, il confond publicité et recherche. Sa virulence est à la mesure de la pauvreté de ce qu’il propose. Quand le produit n’a rien d’extraordinaire, faisons du bruit, ça passera toujours. Je ne voudrais pas m’aventurer dans la psychologie onfrayenne, mais une telle haine pose quelques questions sur ses motivations. En tous ça, il est clair que nous n’avons pas affaire ici à un philosophe mais à un faiseur de bruit. Pauvre Diogène.

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Re: Michel ONFRAY passe à la Trappe

Message par Diviciac le Jeu 8 Fév - 23:11

Nadou a écrit:
magicfly a écrit:
Moi aussi, je ne fais pas le signe de croix. Mais je trouve que dans le contexte où il était Onfray a eu raison de le faire.


Aucune idée. Il aurait fallu connaître les termes du contrat de vie commune et pouvoir saisir l'instant. Ça doit être personnel comme ressenti lors d'un moment fugace.
 

Je crois que c'est parce que vous accordez encore une dimension spirituelle à ce signe de croix. Pour moi il n'a que l'importance que chacun lui donne qui serait du genre "je respectais tes croyances" quand je le fais,  sans état d'âme,  comme Elaine,  avec un goupillon sur le cercueil d'un ami catholique.
Lors d'un enterrement communiste athée il est d'usage de jeter une rose rouge et de lever le point gauche devant le cercueil, je le fais aussi. 
Si un ami Marseillais  décédait et que me toucher les testicules devant le cercueil pouvait lui rendre hommage en évoquant ses habitudes,  je le ferais aussi .
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Re: Michel ONFRAY passe à la Trappe

Message par Invité le Jeu 8 Fév - 23:18

Diviciac a écrit:
Nadou a écrit:


Aucune idée. Il aurait fallu connaître les termes du contrat de vie commune et pouvoir saisir l'instant. Ça doit être personnel comme ressenti lors d'un moment fugace.
 

Je crois que c'est parce que vous accordez encore une dimension spirituelle à ce signe de croix. Pour moi il n'a que l'importance que chacun lui donne qui serait du genre "je respectais tes croyances" quand je le fais,  sans état d'âme,  comme Elaine,  avec un goupillon sur le cercueil d'un ami catholique.
Lors d'un enterrement communiste athée il est d'usage de jeter une rose rouge et de lever le point gauche devant le cercueil, je le fais aussi. 
Si un ami Marseillais  décédait et que me toucher les testicules devant le cercueil pouvait lui rendre hommage en évoquant ses habitudes,  je le ferais aussi .





La religion, je la laisse aux religieux, c'est une invention de l'homme, et combien font  (encore)  la guerre au nom de dieu .....

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Re: Michel ONFRAY passe à la Trappe

Message par Diviciac le Jeu 8 Fév - 23:23

Michel Onfray victime d'un AVC

Le philosophe a été contraint d'annuler ce dimanche le cours qu'il devait donner à l'université populaire. Il est en observation dans un hôpital parisien.

Par Le Point.fr
Modifié le 06/02/2018 à 18:29 - Publié le 06/02/2018 à 07:16 | Le Point.fr
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Re: Michel ONFRAY passe à la Trappe

Message par Invité le Jeu 8 Fév - 23:30

Diviciac a écrit:Michel Onfray victime d'un AVC

Le philosophe a été contraint d'annuler ce dimanche le cours qu'il devait donner à l'université populaire. Il est en observation dans un hôpital parisien.



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Modifié le 06/02/2018 à 18:29 - Publié le 06/02/2018 à 07:16 | Le Point.fr






C'est bien triste pour lui, mais ça ne change pas mon avis.

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Re: Michel ONFRAY passe à la Trappe

Message par Nadou le Jeu 8 Fév - 23:52

Kristobal a écrit:
Diviciac a écrit:Michel Onfray victime d'un AVC

Le philosophe a été contraint d'annuler ce dimanche le cours qu'il devait donner à l'université populaire. Il est en observation dans un hôpital parisien.





Par Le Point.fr
Modifié le 06/02/2018 à 18:29 - Publié le 06/02/2018 à 07:16 | Le Point.fr






C'est bien triste pour lui, mais ça ne change pas mon avis.

Mais si je vous dis qu'il a des idées très à gauche et qu'il attaque Macron sur tous les fronts, vous allez l'aimer ? 


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Re: Michel ONFRAY passe à la Trappe

Message par Nadou le Jeu 8 Fév - 23:54

Diviciac a écrit:
Nadou a écrit:
magicfly a écrit:
Moi aussi, je ne fais pas le signe de croix. Mais je trouve que dans le contexte où il était Onfray a eu raison de le faire.


Aucune idée. Il aurait fallu connaître les termes du contrat de vie commune et pouvoir saisir l'instant. Ça doit être personnel comme ressenti lors d'un moment fugace.
 

Je crois que c'est parce que vous accordez encore une dimension spirituelle à ce signe de croix. Pour moi il n'a que l'importance que chacun lui donne qui serait du genre "je respectais tes croyances" quand je le fais,  sans état d'âme,  comme Elaine,  avec un goupillon sur le cercueil d'un ami catholique.
Lors d'un enterrement communiste athée il est d'usage de jeter une rose rouge et de lever le point gauche devant le cercueil, je le fais aussi. 
Si un ami Marseillais  décédait et que me toucher les testicules devant le cercueil pouvait lui rendre hommage en évoquant ses habitudes,  je le ferais aussi .



Je ne le fais pas durant l'office, quand le curé dit " Au nom du père ...."  mais je le fais avec le goupillon au-dessus du cercueil. 


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Re: Michel ONFRAY passe à la Trappe

Message par Invité le Ven 9 Fév - 9:26

magicfly a écrit:J'aime bien ce mec je l'ai tjrs dit, j'ai lu bcp de ces bouquins ...(...)

Michel Onfray, avec Rancé à l'abbaye de la Trappe


Je ne suis pas fan d'Onfray, Magic, mais ce texte est lourd et beau.

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Re: Michel ONFRAY passe à la Trappe

Message par Invité le Ven 9 Fév - 12:22

Nadou a écrit:
Diviciac a écrit:
 

Je crois que c'est parce que vous accordez encore une dimension spirituelle à ce signe de croix. Pour moi il n'a que l'importance que chacun lui donne qui serait du genre "je respectais tes croyances" quand je le fais,  sans état d'âme,  comme Elaine,  avec un goupillon sur le cercueil d'un ami catholique.
Lors d'un enterrement communiste athée il est d'usage de jeter une rose rouge et de lever le point gauche devant le cercueil, je le fais aussi. 
Si un ami Marseillais  décédait et que me toucher les testicules devant le cercueil pouvait lui rendre hommage en évoquant ses habitudes,  je le ferais aussi .



Je ne le fais pas durant l'office, quand le curé dit " Au nom du père ...."  mais je le fais avec le goupillon au-dessus du cercueil. 





.
.
.
[size=32]LE SABRE ET LE GOUPILLON
[/size]
[size=undefined]Paroles et musique: Jean Ferrat[/size]


Comme cul et chemise comme larrons en foire
J'ai vu se constituer tant d'associations
Mais il n'en reste qu'une au travers de l'histoire
Qui ait su nous donner toute satisfaction

Le sabre et le goupillon

L'un brandissant le glaive et l'autre le ciboire
Les peuples n'avaient plus à se poser de questions
Et quand ils s'en posaient c'était déjà trop tard
On se sert aussi bien pour tondre le mouton

Du sabre que du goupillon

Quand un abbé de cour poussait une bergère
Vers des chemins tremblants d'ardente déraison
La belle ne savait pas quand elle se laissait faire
Qu'ils condamnaient l'usage de la contraception

Le sabre et le goupillon

Et maintes éminences et maints beaux capitaines
Reposaient le guerrier de la même façon
Dans le salon chinois où Madame Germaine
Grâce à ses pensionnaires réalisait l'union

Du sabre et du goupillon

C'était le temps rêvé de tous les militaires

On leur offrait des guerres et des expéditions
Que de manants joyeux sont partis chez Saint-Pierre
Le coeur plein de mitraille et de bénédictions

Du sabre et du goupillon

Quand ils s'en revenaient et d'Asie et d'Afrique
Ils faisaient régner l'ordre au sein de la nation
Les uns possédaient l'art d'utiliser la trique
Les autres sans le dire pensaient qu'elle a du bon

Le sabre et le goupillon

On ne sait plus aujourd'hui à qui faire la guerre
Ça brise le moral de la génération
C'est pourquoi les crédits que la paix nous libère
Il est juste qu'il aillent comme consolation

Au sabre et au goupillon

L'un jouant du clairon l'autre de l'harmonium
Ils instruiront ainsi selon la tradition
Des cracks en Sambre et Meuse des forts en Te Deum
Qui nous donneront encore bien des satisfactions

Du sabre et du goupillon


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Re: Michel ONFRAY passe à la Trappe

Message par Invité le Ven 9 Fév - 12:24

Kristobal a écrit:
Nadou a écrit:



Je ne le fais pas durant l'office, quand le curé dit " Au nom du père ...."  mais je le fais avec le goupillon au-dessus du cercueil. 





.
.
.
[size=32]LE SABRE ET LE GOUPILLON
[/size]
Paroles et musique: Jean Ferrat


Comme cul et chemise comme larrons en foire
J'ai vu se constituer tant d'associations
Mais il n'en reste qu'une au travers de l'histoire
Qui ait su nous donner toute satisfaction

Le sabre et le goupillon

L'un brandissant le glaive et l'autre le ciboire
Les peuples n'avaient plus à se poser de questions
Et quand ils s'en posaient c'était déjà trop tard
On se sert aussi bien pour tondre le mouton

Du sabre que du goupillon

Quand un abbé de cour poussait une bergère
Vers des chemins tremblants d'ardente déraison
La belle ne savait pas quand elle se laissait faire
Qu'ils condamnaient l'usage de la contraception

Le sabre et le goupillon

Et maintes éminences et maints beaux capitaines
Reposaient le guerrier de la même façon
Dans le salon chinois où Madame Germaine
Grâce à ses pensionnaires réalisait l'union

Du sabre et du goupillon

C'était le temps rêvé de tous les militaires

On leur offrait des guerres et des expéditions
Que de manants joyeux sont partis chez Saint-Pierre
Le coeur plein de mitraille et de bénédictions

Du sabre et du goupillon

Quand ils s'en revenaient et d'Asie et d'Afrique
Ils faisaient régner l'ordre au sein de la nation
Les uns possédaient l'art d'utiliser la trique
Les autres sans le dire pensaient qu'elle a du bon

Le sabre et le goupillon

On ne sait plus aujourd'hui à qui faire la guerre
Ça brise le moral de la génération
C'est pourquoi les crédits que la paix nous libère
Il est juste qu'il aillent comme consolation

Au sabre et au goupillon

L'un jouant du clairon l'autre de l'harmonium
Ils instruiront ainsi selon la tradition
Des cracks en Sambre et Meuse des forts en Te Deum
Qui nous donneront encore bien des satisfactions

Du sabre et du goupillon







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Re: Michel ONFRAY passe à la Trappe

Message par magicfly le Ven 9 Fév - 13:35

Horiel a écrit:
magicfly a écrit:J'aime bien ce mec je l'ai tjrs dit, j'ai lu bcp de ces bouquins ...(...)

Michel Onfray, avec Rancé à l'abbaye de la Trappe


Je ne suis pas fan d'Onfray, Magic, mais ce texte est lourd et beau.
Il m'a donné goût à la philo, j'ai échangé qqes mails avec lui il y a une quinzaine d'années dans le cadre de son université populaire; j'ai apprécié qu'il m'ait répondu.
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Re: Michel ONFRAY passe à la Trappe

Message par Diviciac le Ven 9 Fév - 14:14

"Le sabre et le goupillon"
Non sans un certain humour un inspecteur, fustigeant les "activités libres"  et la sieste en maternelle, nous avait précisé qu'elle ne devait pas devenir
"Le sable et le roupillon"

Depuis,  les bacs à sable,  qui sevraient aussi bien à "l'éveil" des élèves que  de latrines aux chats du quartier ont presque tous disparu .
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Re: Michel ONFRAY passe à la Trappe

Message par Nadou le Ven 9 Fév - 14:52

Diviciac a écrit:"Le sabre et le goupillon"
Non sans un certain humour un inspecteur, fustigeant les "activités libres"  et la sieste en maternelle, nous avait précisé qu'elle ne devait pas devenir
"Le sable et le roupillon"

Depuis,  les bacs à sable,  qui sevraient aussi bien à "l'éveil" des élèves que  de latrines aux chats du quartier ont presque tous disparu .

Les services d'hygiène a mis leur nez dedans. Very Happy


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Re: Michel ONFRAY passe à la Trappe

Message par Invité le Ven 9 Fév - 15:06

Diviciac a écrit:
Depuis,  les bacs à sable,  qui sevraient aussi bien à "l'éveil" des élèves que  de latrines aux chats du quartier ont presque tous disparu .


Je ne voudrais pas en remettre une couche, mais si vous sevrez qui que ce soit de latrines ici, l'ambiance de ce forum va devenir nauséabonde.

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Re: Michel ONFRAY passe à la Trappe

Message par Nadou le Ven 9 Fév - 15:08

Horiel a écrit:
Diviciac a écrit:
Depuis,  les bacs à sable,  qui sevraient aussi bien à "l'éveil" des élèves que  de latrines aux chats du quartier ont presque tous disparu .


Je ne voudrais pas en remettre une couche, mais si vous sevrez qui que ce soit de latrines ici, l'ambiance de ce forum va devenir nauséabonde.
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Re: Michel ONFRAY passe à la Trappe

Message par sporthos le Ven 23 Fév - 0:23

Magic a écrit:J'aimerais avoir vos commentaires: merci.


Onfray a écrit plusieurs articles sur son passage à la Trappe , j'ai pu lire le dernier dans Le Point . Cette expérience d'un athée qui fait une retraite est très intéressante . Voilà au moins un athée qui parle en connaissance de cause . Combien d'athées jugent l'Eglise selon ce qu'elle était il y a plusieurs siècles et sont complétement inintéressants !
Le miracle n'a pas eu lieu , le prof de philo est rentré chez lui sans trouver la foi .
Dans son dernier article , il rappelle que l'abbé de Rancé a été peint dans son monastère par le plus grand portraitiste de l'époque : Hyacinthe Rigaud . Alors comment expliquer qu'un homme qui a refusé tous les honneurs après sa conversion , qui est mort au monde , ait accepté de se payer le luxe d'être peint par le peintre le plus cher de son temps ?
Saint Simon qui a introduit Rigaud à La Trappe dit dans ses Mémoires que ce portrait s'est totalement fait à l'insu de l'abbé . Onfray soutient le contraire . Pour lui impossible de peindre dans un monastère sans que l'abbé du monastère soit au courant , de plus est sujet du tableau ...
Chacun peut se faire son opinion en lisant son article . Voilà en tout cas une question soulevée passionnante .
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Re: Michel ONFRAY passe à la Trappe

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